Swisscom concrétise son offre dans la 5G

mercredi, 10.04.2019

L'ambition de couvrir plus de 90% du pays d'ici la fin de l'année conforte la position de chef de file de l'opérateur historique. La nouvelle norme devient une réalité pour les clients privés.

Piotr Kaczor

Urs Schaeppi, le CEO de Swisscom, souligne l'importance, pour les entreprises, de combiner la 5G avec l'internet des objets et le Cloud.

«Swisscom ambitionne d’équiper la Suisse en 5G d’ici la fin de l’année. Plus de 90% du pays sera couvert» a assuré Urs Schaeppi , le CEO de Swisscom, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mercredi à Zurich. Ce taux de couverture prévisionnel correspond en fait à la part de la population qui devrait accéder à cette technologie de télécommunication d’ici la fin de l’année. Le CEO a même présenté l’événement comme une «première mondiale, dans la mesure où ces démonstrations ont été effectuées avec des smartphones du commerce et par le biais d’un réseau standardisé».

Premier smartphone disponible en mai

Swisscom a d’ailleurs présenté simultanément les quatre premiers smartphones de son assortiment intégrant cette innovation. La 5G devient ainsi une réalité pour les clients privés. Le premier modèle OPPO Reno 5G, du fabricant chinois éponyme, sera disponible à partir du mois de mai pour le prix de 999 francs. Alors que l’opérateur n’a érigé la première antenne 5G standardisée qu’en septembre dernier à Berthoud et que la première transmission 5G réussie n’a été menée à bien qu’en novembre dernier sur des réseaux et appareils standardisés, avec le partenaire de réseau Ericsson, ainsi que l’a rappelé le CEO. L’opérateur historique attend d’ailleurs encore l’attribution des concessions pour brancher son réseau.

Ce lancement préalable en fanfare a eu lieu alors que Jacqueline de Quattro, la responsable du Département du territoire et de l’environnement du Canton de Vaud, a annoncé mardi devant le Grand Conseil que le Canton a décidé de retenir les dossiers relatifs aux antennes 5G, dans l’attente des directives techniques de la Confédération, et de marquer ainsi une pause temporaire dans les procédures d’autorisation. Alors qu’un moratoire dans ce sens semble à l’étude, après la résolution déposée par un député Vert.

Le CEO espère un débat politique rationnel

Quelles peuvent être les conséquences de cette décision du canton de Vaud? «Nous avons été très surpris par cette décision. Car les réseaux 5G seront mis en place pour répondre aux seuils limites actuels et les fréquences que nous adoptons pour la 5G sont les mêmes que celles qui sont déjà utilisées. Les craintes (Bedenken) qui la sous-tendent ne sont pas confirmées par les nombreuses études publiées à ce sujet» a commenté pour l’Agefi le CEO de Swisscom à l’issue de la conférence de presse. Le CEO s’attend-il à voir d’autres cantons adopter cette posture? «Si cela donne lieu à une trainée de poudre dans tout le pays, et bien la Suisse sera larguée au niveau de ces nouvelles technologies» répond le CEO. Ce dernier espère par conséquent voir «le débat politique se poursuivre sur un plan rationnel plutôt que sur le plan émotionnel qui le caractérise actuellement» .

Lors de son exposé, Urs Schaeppi n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que les craintes récurrentes exprimées quant à l’impact de cette technologie sur la santé, «pour moi c’est du «déjà vu». «Il y a plus de dix ans, lorsque nous avons lancé la 3G, les questions étaient exactement les mêmes. Imaginez ce qui se serait produit si nous n’avions pas lancé la 3G» interpelle le CEO. Et d’anticiper la réponse : «tout cet écosystème qui a complètement changé notre monde n’existerait pas. Or il en sera de même pour la 5G. Cette dernière donnera lieu à une explosion des innovations».

Applications dans la réalité augmentée

Dans le cadre de sa conférence de presse, Swisscom a présenté des applications concrètes dans les domaines du divertissement, de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée.

Les intervenants successifs ont quant à eux rappelé les avantages que doit procurer cette technologie, notamment au niveau de l’accélération du débit et des capacités de données transmises. Des avantages qui se traduisent par une réelle fluidité des interactions (et par conséquent par une faible latence) appréciée non seulement dans les applications de jeux à distance. C’est pourtant surtout pour les entreprises que cette technologie ouvre de nouvelles possibilités, en particulier dans les applications industrielles à distance. «Exploiter pleinement ce potentiel requiert toutefois un prestataire de services exhaustifs comme Swisscom, en mesure de combiner les possibilités de la 5G avec l’internet des objets, le cloud ou l’analytique des données» a précisé Urs Schaeppi

Il y a un an, le groupe bernois Ypsomed, leader des systèmes médicaux d’injection et de perfusion, avait présenté à Soleure le résultat du partenariat stratégique qu’il développe dans le cadre d’un projet pilote avec Swisscom depuis le printemps 2017. A savoir l’application de la technologie de télécommunication 5G à l’automatisation d’une chaîne de production de stylos d’injections. «La 5G est un facteur déterminant de la quatrième révolution industrielle, celle de l’intelligence artificielle. La production intelligente ne peut pas s’en passer» avait alors déclaré Simon Michel, le CEO du groupe Ypsomed (l’Agefi du 6 mars 2018).

Prestataire global pour les entreprises

Les entreprises pourront-elles profiter de la 5G à la fin de l’année ?: «Diverses entreprises sont intéressées et lorsque la décision est prise, nous pouvons mener ces projets à bien. Pour profiter de ces possibilités, l’entreprise doit élaborer un projet IT et faire migrer toute le technique de communication de l’infrastructure de production sur la 5G» répond à cet égard le CEO de Swisscom. Comment se positionne Swisscom par rapport à Sunrise, qui nourrit également des ambitions dans la 5G? Réponse d’Urs Schaeppi: «Au top niveau dans l’IT et dans le segment professionnel (b2b), notamment dans l’intégration de systèmes et dans le cloud. Avec notre objectif de couvrir la Suisse d’ici la fin de l’année nous sommes au premier plan». 






 
 

AGEFI



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