L'année agricole a été portée par le vin, les fruits et le lait

mardi, 02.10.2018

L’agriculture suisse devrait générer en 2018 une valeur ajoutée brute de 4,1 milliards de francs, en hausse de 2,1% par rapport à l’année précédente. Les récoltes en arboriculture et viticulture sont nettement meilleures qu’en 2017, et la production bovine et laitière a progressé.

La valeur de la production végétale a augmenté de 4,4% par rapport à 2017, pour un montant de 4,3 milliards de francs, ceci malgré la sécheresse.(keystone)

Sur la base des premières estimations, l’Office fédéral de la statistique (OFS) s’attend à ce que la production totale de l’agriculture suisse s’élève à 10,6 milliards de francs en 2018, en hausse de 2,7% par rapport à 2017.

Les dépenses en consommation intermédiaire (fourrages, énergie, engrais, entretien et réparations, etc.) se montent à 6,5 milliards de francs, soit en hausse de 3,1% par rapport à l’année précédente. La valeur ajoutée brute, qui correspond à la valeur de production moins la consommation intermédiaire, se monte ainsi à près de 4,1 milliards de francs, en progression de 2,1% entre 2017 et 2018. Aux prix de l’année précédente, donc en ne tenant pas compte du renchérissement, la valeur ajoutée brute augmente de 5,1%. 

Volume de travail en baisse

La réduction du volume de travail dans l’agriculture suisse se poursuit en 2018, avec un recul estimé à 0,9% par rapport à 2017. La productivité du travail, mesurée par le rapport entre la valeur ajoutée brute (aux prix constants de 2010) et le volume de travail total fourni dans l’agriculture, progresse ainsi de 5,9% par rapport à 2017. Depuis 2000, la productivité du travail a augmenté de plus de 27%. 
  

Production végétale contrastée 

La valeur de la production végétale a augmenté de 4,4% par rapport à 2017, pour un montant de 4,3 milliards de francs, ceci malgré la sécheresse. Sur le long terme, les cultures spéciales (légumes, fruits, raisins et vins, fleurs, plantes aromatiques, tabac, etc.) ont gagné en importance au détriment des grandes cultures (céréales, pommes de terre, oléagineux, betteraves sucrières, etc.) et des cultures fourragères. Elles représentent aujourd’hui 61% de la valeur de production végétale, contre 50% en 2000.

Beaucoup de ces cultures spéciales peuvent être irriguées, et offrent ainsi une meilleure résistance par rapport à la sécheresse. Après une année 2017 marquée par le gel, la valeur des cultures spéciales a progressé de 8,6% en 2018, pour atteindre 2,6 milliards de francs. Les belles récoltes de fruits et de raisins compensent largement les aléas des cultures maraîchères, prétéritées par un hiver relativement long. Impactées par la sécheresse, les moissons de céréales sont estimées à 815 000 tonnes, soit une chute de 14% par rapport à 2017. 

 

Production animale en légère progression 

En 2018, la production animale progresse légèrement par rapport à 2017 (+1,2%), pour un montant estimé à 5,1 milliards de francs. La détente se poursuit sur le marché du lait, avec une légère hausse du prix moyen (+1,7%) et des quantités livrées (+0,6%). La valeur de production du lait est estimée à 2,2 milliards de francs (+2,3%). La demande en bovins de boucherie reste soutenue et la valeur de production bovine a augmenté de 2,6% par rapport à 2017, pour un montant de 1,4 milliard de francs. 
  
La situation reste difficile sur le marché porcin. Le prix moyen des porcs a baissé de 3,4% par rapport à 2017, faisant reculer de 4,1% la valeur de production porcine, qui se situe à moins de 0,9 milliard de francs. Enfin, l’expansion de l’aviculture observée ces dernières années se poursuit en 2018. La production de volailles et d’œufs est estimée à près de 0,6 milliard de francs (+3,7%). 

Augmentation des coûts de production 

En 2018, les coûts de production (consommation intermédiaire, amortissements, salaires, fermages, intérêts de la dette et impôts sur la production) ont augmenté de 2,8% par rapport à 2017. Les amortissements (2,0 milliards de francs, +3,6%), calculés aux prix de renouvellement actuels, ont subi le renchérissement sur les biens d’investissement en bâtiments et en équipements.

 

La consommation intermédiaire (6,5 milliards de francs, +3,1%) a été en particulier impactée par la hausse des prix de l’énergie fossile (pétrole) ainsi que par l’augmentation en prix et en quantité des fourrages achetés pour compenser partiellement les pertes de récolte provoquées par la sécheresse. Enfin, la hausse de 1,6% de la rémunération des personnes salariées (1,3 milliard de francs) est la résultante d’une légère augmentation du volume de travail salarié d’une part, et du niveau des salaires d’autre part. 

 

 

 






 
 

AGEFI



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