Olivia Prangey-Amzallag : «Il va falloir réfléchir à d’autres opportunités pour éviter la radiation d’activité»

dimanche, 19.04.2020

L’Agefi a lancé un sondage pour recueillir les témoignages d’entrepreneurs à propos des mesures de déconfinement décidées jeudi par le Conseil fédéral. Olivia Prangey-Amzallag se confie en tant qu’indépendante.

Propos recueillis par Marine Humbert

Olivia Prangey-Amzallag accueille favorablement les mesures du Conseil fédéral, faisant partie de cette catégorie de personnes, qui sont "les victimes collatérales de la situation".

Le Conseil fédéral a décidé jeudi d’étendre le droit à l'allocation pour perte de gain Covid-19 aux indépendants indirectement touchés par les mesures officielles de lutte contre la pandémie. Indépendante depuis six ans, à la tête de Oh ! à la bouche, basé à Pully, Olivia Prangey-Amzallag a accueilli avec soulagement les nouvelles mesures du Conseil fédéral à destination des « victimes collatérales du coronavirus » dont elle fait partie. Toutefois, elle déplore que le Conseil fédéral n’ait donné aucune perspective de déconfinement pour le secteur de la restauration, à qui elle offre son expertise dans le digital, la vente, et le marketing. Entretien.

Quel est l’impact du coronavirus sur votre activité ?

Travaillant avec des entreprises de la restauration et des métiers de bouche, j’ai été touchée indirectement et de plein fouet par la fermeture de ces établissements qui, de surcroit, ne seront certainement pas les premiers à rouvrir. Au début de la crise, l’activité a été bouillonnante et rythmée par les annonces des autorités. Je me suis chargée de la communication de crise à propos de diverses annulations de portes ouvertes, la mise en place de livraisons à domicile, et les différentes fermetures de restaurants. J’ai revu le calendrier éditorial de certains de mes clients et adapté la communication à la situation. Je devais débuter de nouveaux mandats mais tout reste incertain.

Comment accueillez-vous les nouvelles mesures du Conseil fédéral ?

J’accueille favorablement ces nouvelles mesures car je fais partie de cette catégorie de personnes, qui sont les victimes collatérales de la situation. Aucune information n’ayant été donnée par le Conseil fédéral quant au sort des restaurateurs, hôteliers, bars, cafés, clubs, je me demande tout de même quand je pourrais retrouver une activité normale. Il va falloir réfléchir à d’autres opportunités si l’on ne souhaite pas radier notre activité. Je suis en train de préparer le lancement d'interviews de restaurateurs, vignerons et hôteliers. Je voulais faire cela avant le Covid-19 mais le projet m’a paru encore plus important, du fait que le public n’aura pas l’occasion de retourner d’aussi tôt dans leurs établissements. Je souhaite aussi qu’ils puissent s’exprimer sur leur ressenti, comment ils vivent la situation de crise, si cela va changer leur manière de travailler.

Quid de la justification d’un revenu compris entre 10’000 et 90’000 francs pour les indépendants touchés indirectement par les mesures de lutte contre la pandémie ?

Il y a deux poids et deux mesures. Un indépendant dont le revenu annuel est inférieur à 9 500,00 francs cotisera au minimal 496,00 francs pour l’AVS, l’AI et l’APG. Au-dessus de ce revenu et jusqu’à 56’900 francs de revenu annuel, un barème, dit dégressif, est appliqué. Le taux de cotisation est ensuite fixe pour les revenus supérieurs. A mon sens, les autorités ont estimé que les personnes avec un revenu inférieur à 10’000 francs exercent leur activité indépendante en annexe et n’ont donc pas forcément besoin d’aide, et que ceux dont le revenu est supérieur à 90’000 francs disposent de la trésorerie pour faire face ou peuvent effectuer des demandes de prêts. 

Êtes-vous satisfaite du plan de déconfinement du Conseil fédéral ?

Je suis d’avis qu’il faut commencer à démarrer le déconfinement pour le bien de notre économie mais aussi psychologiquement pour nombre de personnes ayant besoin d’une certaine lueur d’espoir. On peut se poser la question de pourquoi rouvrir en premier des commerces tels que les salons de coiffure et d’esthétique au lieu d’une réouverture en fonction d’un nombre de mètres carrés, comme c’est le cas en Allemagne. Beaucoup de zones d’ombres et de questions restent en suspens.






 
 

AGEFI



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