Schmolz+Bickenbach réorganise son actionnariat

mardi, 07.01.2020

L'actionnaire Martin Haefner détiendra 49,6% du capital-actions de Schmolz+Bickenbach. La société annonce avoir retiré sa plainte devant le TAF.

Le milliardaire suisse Martin Haefner a repris la totalité de la participation de 10,09% que détenaient les héritiers. (Keystone)

L'aciériste spécialisé Schmolz+Bickenbach a réorganisé son actionnariat au terme de l'augmentation de capital. Martin Haefner détiendra, via son véhicule d'investissement Bigpoint Holding, 49,6% du capital-actions de la société, devenant ainsi l'actionnaire de référence du groupe lucernois.

Le milliardaire suisse a repris la totalité de la participation de 10,09% que détenaient les héritiers (avant l'augmentation de capital), par l'intermédiaire de leur société Schmolz+Bickenbach Beteiligungs GmbH, dans Schmolz+Bickenbach AG au prix de 0,45 franc par action, a précisé Bigpoint mardi dans un communiqué.

Cette réorganisation de l'actionnariat permet à l'aciériste lucernois de "bénéficier de structures claires en matière d'organisation et de propriété, qui représentent une condition essentielle pour assurer le rebond de la société", a indiqué la holding du milliardaire, également propriétaire de l'importateur de véhicules Amag.

Les changements dans l'actionnariat permettent par ailleurs "de réaliser l'urgente réorientation de la société", a pour sa part estimé M. Haefner, qui devient l'actionnaire de référence de l'aciériste.

Augmentation de capital salvatrice

Schmolz+Bickenbach Beteiligungs GmbH a par ailleurs retiré sa plainte devant le Tribunal administratif fédéral (TAF), contre l'exemption de Bigpoint et M. Haefner à présenter une offre de rachat obligatoire dans le cadre de la recapitalisation de Schmolz+Bickenbach AG.

M. Haefner avait déposé fin octobre une demande d'exemption auprès de la Commission des OPA (Copa), que cette dernière avait rejeté. Il avait par la suite décidé de saisir l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), estimant que la requête devait être satisfaite afin de garantir la survie de l'entreprise.

En difficultés financières, le groupe lucernois avait bouclé mi-décembre une augmentation de capital de 325 millions de francs. Après cette opération, Bigpoint détenait déjà 44,9% et la société de participations Liwet, contrôlée par l'investisseur russe Viktor Vekselberg, 25%.

Fin septembre, l'endettement du groupe s'élevait à 724 millions d'euros, un taux jugé "intenable au vu du faible excédent brut d'exploitation" avait fait valoir le directeur financier Matthias Wellhausen.

Au troisième trimestre, Schmolz+Bickenbach avait creusé sa perte nette à 420 millions d'euros, après -3,7 millions au troisième trimestre 2018. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) ajusté avait plongé à -33 millions, alors qu'il était positif à hauteur de 42 millions un an plus tôt. Le chiffre d'affaires s'était affaissé de 14% à 670 millions.

Les analystes de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) ont applaudi une annonce "positive" conduisant à une "clarification de l'actionnariat de Schmolz+Bickenbach".

Grâce à sa position dominante, M. Haefner pourra dorénavant "faire avancer la nouvelle stratégie", notamment l'intégration du français Ascometal, la restructuration de l'allemand Deutsche Edelstahlwerke (DEW) et le repositionnement de l'américain Finkl Steel, a écrit la ZKB dans un commentaire.

A 14h43, la nominative Schmolz+Bickenbach bondissait de 27,3% à 0,34 franc, dans des volumes très importants de 13,1 millions de titres échangés. L'indice élargi SPI progressait quant à lui de 0,37%. (awp)






 
 

AGEFI




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