Des soupçons de délits d'initiés pèsent sur les dirigeants de Bombardier

samedi, 17.11.2018

L'action de Bombardier a plongé après l'annonce de l'ouverture d'une enquête de l'AMF

L'AMF cherche à comprendre si les dirigeants de Bombardier ont mis en place leur RATA en prévision de la restructuration de l'entreprise annoncée trois mois plus tard. (Keystone)

Le titre du constructeur aéronautique Bombardier a plongé de 20% vendredi à la Bourse de Toronto, au lendemain de l'annonce de l'ouverture d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers portant, selon les médias, sur des soupçons de délits d'initiés de dirigeants du groupe canadien.

Le titre BBD a perdu 20,10% à 1,67 dollar canadien, amplifiant son décrochage dans les derniers échanges de la journée.

Les investisseurs ont sanctionné l'ouverture d'une enquête, annoncée jeudi soir après la fermeture de la Bourse, de l'Autorité des marchés financiers du Québec (AMF). Elle a expliqué qu'elle examinait "les opérations entourant la mise en place du Régime d'aliénation de titres automatique (RATA) au mois d'août dernier par Bombardier et les différentes annonces faites depuis".

"L'Autorité a aussi demandé à Bombardier de suspendre, jusqu'à nouvel ordre, toute vente de titres en application du RATA et d'en aviser les courtiers exécutants", a indiqué l'AMF dans un communiqué.

Le RATA est un programme permettant à des dirigeants d'entreprise de céder à un courtier le pouvoir de vendre leurs actions. Concernant Bombardier, il a été mis en place le 15 août.

Or depuis cette date, le titre BBD a abandonné 64%, pour atteindre son plus bas niveau depuis plus deux ans.

En difficultés financières, Bombardier a annoncé il y a huit jours la suppression de 5.000 emplois, soit 7% des effectifs, ainsi que la vente du programme du turbopropulseur Q400, faisant suite à la cession cet été de celui du moyen-courrier CSeries, devenu A220, à Airbus.

L'AMF cherche donc à comprendre si les dirigeants de Bombardier ont mis en place leur RATA en prévision de cette restructuration annoncée trois mois plus tard, selon les médias locaux.

"En fait, l'organisme devra déterminer si, avec les informations dont ils disposaient et qui n'étaient pas accessibles au public, ces dirigeants ont commis un délit d'initié", a résumé le quotidien montréalais La Presse.

"Bombardier entend collaborer pleinement avec l'AMF dans le cadre de son examen. La société a pris les dispositions nécessaires pour suspendre, jusqu'à nouvel ordre, toute vente de titres en application du RATA", a fait valoir l'entreprise dans un communiqué diffusé jeudi soir. (awp)






 
 

AGEFI



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