En pleine tourmente, Schmolz+Bickenbach nomme Josef Schultheis à son conseil d’administration

mercredi, 12.08.2020

L'aciériste Schmolz + Bickenbach a choisi Josef Schultheis comme directeur de la restructuration. Son expérience doit permettre de pallier les effets de la crise du Covid-19.

Josef Schultheis doit renforcer davantage la profonde réorganisation de l’entreprise.

L’expert Josef Schultheis a été nommé Chief Restructuring Officer (CRO) chez Schmolz+Bickenbach (S+B). Sa tâche: renforcer davantage la profonde réorganisation de l’entreprise. Il rejoint également le conseil d’administration de l’aciériste lucernois en tant que nouveau membre. Ce spécialiste affiche plus de 30 années d'expérience en gestion et en conseils dans les domaines de la restructuration opérationnelle, de la gestion des liquidités et des négociations de financement. Son expertise devrait permettre à Schmolz+Bickenbach de contrer plus efficacement les conséquences désastreuses de la crise du Covid-19.
L’entreprise basée à Emmen et active dans le secteur de la métallurgie a vu les effets de la crise sur sa performance s'accentuer entre avril et juin. Le résultat opérationnel a glissé dans le rouge et devrait le rester sur l'ensemble de l'exercice. Pour réduire ses coûts, la société envisage de supprimer des postes, y compris en Suisse.

Terrassé par la crise

Au cours de la période sous revue, le groupe lucernois a vu ses recettes fondre de 41,8% sur un an, à 469,9 millions d'euros. Les ventes en volumes se sont affaissées de plus d'un tiers (-38,1%) à 301 kilotonnes, alors que le prix par tonne a chuté en moyenne à 1561 euros, contre 1662 euros lors du premier trimestre, explique l'entreprise mercredi dans un communiqué.
Sur le plan opérationnel, le résultat Ebitda - apuré des effets non récurrents - a glissé dans le rouge de 45,8 millions d'euros, contre un excédent de 40,5 millions rapporté un an plus tôt. La marge correspondante est ressortie à -5,2% (+3,9%).

Lourde dépréciation

A cela s'ajoute la dépréciation des actifs nets de l'allemand DEW et du français Ascometal pour un total de 86,0 millions d'euros, grevant lourdement le résultat avant intérêts et impôts (Ebit), à -159,6 (+2,3) millions d'euros. La perte trimestrielle a ainsi été multipliée par près de 12 en comparaison annuelle, à 159,1 millions. La copie rendue par le groupe de Suisse centrale a déçu toutes les attentes du marché.
Pour surmonter la crise, l'aciériste entend continuer de mettre l'accent sur la préservation de ses liquidités à court terme, avec à la clé des mesures "temporaires et structurelles" au niveau du personnel, sans plus de précisions.
Pour ce qui est du financement à plus long terme, S+B entend profiter des programmes d'aide mis en place par différents gouvernements, notamment en France - où l'entreprise a déjà décroché des crédits d'État - en Suisse et en Allemagne. Les efforts sont également soutenus par le nouvel actionnaire de référence BigPoint.

Suppressions de postes en vue

La direction du groupe n'a pas formulé de perspectives chiffrées pour la suite de l'exercice, mais dit s'attendre au plus tôt au 4e trimestre à un "redressement prudent à un bas niveau". En complément aux mesures déjà mises en place - chômage partiel, baisse de production - la direction envisage de réduire ses effectifs. "Sur les 70 postes du siège du groupe à Lucerne, environ 20% seront supprimés", a indiqué en téléconférence son directeur général (CEO) Clemens Iller.
En Allemagne et en France, les discussions avec les représentants des travailleurs sont en cours. "C'est un processus continu que nous ne pouvons pas anticiper", a poursuivi le dirigeant. Interrogé sur l'ampleur des coupes prévues, il n'a pas souhaité communiquer de chiffre précis. Il a toutefois laissé échapper que l'impact outre-Rhin pourrait être de plusieurs centaines de postes, et a confirmé son objectif d'économies de 274 millions d'euros d'ici fin 2024.

Timide amélioration

Revenant sur la marche des affaires, Clemens Iller a signalé une légère reprise de la demande en juin, une tendance qui s'est confirmée au mois de juillet. Il a également évoqué des signaux positifs en provenance du marché automobile, notamment de certains constructeurs basés en Europe de l'Est. L'entreprise a été durement touchée par les mesures de confinement et l'effondrement de la demande de la part du secteur automobile notamment, souligne dans son commentaire la Banque cantonale de Zurich (ZKB). Elle relève toutefois que l'endettement net a pu être ramené à 625 millions d'euros, contre 798 au bouclement de 2019, à la faveur de la récente augmentation de capital. (avec AWP)

 

 






 
 

AGEFI



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