Le peso argentin se ressaisit

samedi, 13.10.2018

L'accord avec le FMI a permis au peso argentin de se ressaisir. Cette année les deux crises monétaires ont fait perdre à la monnaie 50% de sa valeur face au dollar.

Le gouvernement argentin table sur une reprise au 2e trimestre 2019.

Après l'accord conclu avec le FMI et le lancement d'une nouvelle politique monétaire, le peso argentin s'est ressaisi face au dollar ces deux dernières semaines, au prix de mesures drastiques et de taux d'intérêts élevés.

Vendredi à la clôture du marché des changes, le dollar s'échangeait à Buenos Aires contre 37,6 pesos, soit une reprise de 11,5% en octobre.

"C'est une bonne nouvelle. Le peso se stabilise car le taux de change est à un niveau élevé. La politique monétaire est restrictive et efficace. Dans tout programme monétaire, on rétablit la confiance une fois qu'on stabilise le taux de change", estime l'économiste Fausto Sportono.

L'Argentine a modifié sa politique monétaire après l'accord scellé fin septembre avec le Fonds monétaire international (FMI) qui prévoit une maîtrise de la masse monétaire, des taux d'intérêts très élevés (au-dessus de 60) et un encadrement du taux de change, entre 34 et 44 pesos pour un dollar.

L'Argentine a connu cette année deux crises monétaires qui ont fait perdre au peso argentin 50% de sa valeur face au dollar.

"Le pire est passé"

Pour l'économiste Rodolfo Santangelo, "le pire est passé" pour le peso qui ne devrait plus selon lui connaître de brusque dépréciation. "L'Argentine a passé un accord avec le FMI qui lui assure un financement très fort. Nous avons désormais un taux de change plus haut et plus compétitif". Mais "le remède pose des problèmes", dit-il en référence aux taux d'intérêts.

La première étape était de stabiliser le peso argentin. Le prochain défi de cette année est de "baisser les taux d'intérêt sans déstabiliser le peso", ajoute M. Santangelo.

Selon lui, "l'économie est plus compétitive avec un peso faible, pour l'export et car cela encourage la consommation de produits argentins. L'Argentine a le pied sur l'accélérateur et en même temps sur le frein, avec des taux d'intérêts" qui alimentent la récession.

Rodolfo Santangelo pronostique "une récession de 6, 7 ou 8 trimestres". Après une croissance soutenue en 2017 et au 1er trimestre 2018, l'économie argentine a commencer à flancher au 2e trimestre 2018 (-4,2%). La récession devrait être en 2018 à 2,6% puis de 1,6% en 2019, selon le FMI.

Le gouvernement table sur une reprise au 2e trimestre 2019.

La consommation est en retrait dans la 3e économie d'Amérique latine. Les prix augmentent tellement vite, que les 44 millions d'Argentins ont perdu une partie de leur pouvoir d'achat. Chaque dépréciation du peso déclenche une poussée d'inflation. La hausse des prix annuelle sera de 45% en 2018.

Macri en baisse

"Au départ, ce n'était pas évident que le programme monétaire allait bien marcher. La réaction des marchés à l'élection au Brésil a aidé", estime Marina Dal Poggetto, directrice d'Eco Go Consultores.

A un an de la présidentielle, le président de centre-droit Mauricio Macri perd en popularité car les mesures d'austérité budgétaire qu'il a mis en oeuvre sont douloureuses pour la population. Les chefs d'Etat du G7 ont apporté leur soutien à sa politique économique, très critiquée en Argentine.

Alors qu'elle est accusée dans une affaire de corruption au sommet de l'Etat lorsqu'elle était à la tête du pays, l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner remonte dans les intentions de vote, sans pour autant être en mesure de mettre en échec M. Macri ou un candidat de sa coalition Cambiemos (Changeons), selon le sondeur Synopsis.

Les marchés observent avec attentisme ce nouveau chapitre électoral de la politique argentine. M. Macri a les faveurs des marchés. En revanche, une réélection de Mme Kirchner, qui avait exproprié des sociétés étrangères comme l'espagnol Repsol en nationalisant la compagnie pétrolière nationale YPF, créerait un climat défavorable pour les investissements étrangers.






 
 

AGEFI



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