Céline Amaudruz: «L’initiative de l'UDC ne stoppe pas la venue de main d'oeuvre qualifiée en Suisse»

mardi, 23.06.2020

La vice-présidente de l’UDC Céline Amaudruz réagit aux propos de Karin Keller-Sutter sur l'initiative pour une immigration modérée de l'UDC. Selon la conseillère nationale, l’initiative ne stoppe pas la venue en Suisse de la main d’œuvre étrangère et permet de maîtriser la migration.

Marine Humbert

L’UDC a décidé de sauver l’emploi suisse, souligne Céline Amaudruz, vice-présidente du parti.(Keystone)

La vice-présidente de l’UDC et conseillère nationale Céline Amaudruz réagit aux propos de la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter à l’encontre de l’initiative pour une immigration modérée de l’UDC. 

L'initiative pour une immigration modérée de l'UDC aurait "de graves conséquences pour l'économie helvétique si elle était acceptée par le peuple", a plaidé lundi Karin Keller-Sutter, lors du lancement de la campagne contre l’initiative. Que répondez-vous? 

Karin Keller-Sutter ne devrait pas oublier de préciser des chiffres essentiels au débat de fond. Les opposants répètent constamment que l’UE fait toute la richesse de la Suisse. Je ne conteste pas qu’elle soit un partenaire important, mais je tiens à rappeler que la balance commerciale entre la Suisse et l’Union européenne est négative. Elle se situait à -15,79 milliards en 2017, à -20,35 milliards en 2018 et nous attendons une balance commerciale de environ -17 milliards en 2019. Ces chiffres proviennent du DFAE. Je ne les invente pas. C’est un fait.

«Avec la crise du coronavirus, les entreprises ont besoin de stabilité, et non d'expérimentations risquées », a déclaré la conseillère fédérale. 

Si le Conseil fédéral considère que l’expérimentation c’est de privilégier les travailleurs suisses, ça n’engage que lui ! Il n’y a pas d’expérimentation. Il y a des gens au chômage, et des PME qui manquent de liquidité et risquent de tomber en faillite.  L’initiative de l’UDC protège le marché du travail pour les citoyennes et citoyens de ce pays. L’augmentation consternante du taux de chômage en Suisse, surtout dans les régions transfrontalières, ainsi que dans nos pays voisins, mais aussi le recul des places de travail annoncé par le Seco, ne sont pas anodins. A un moment donné, la Suisse sera forcée de faire un choix entre fournir des places de travail aux personnes résidentes dans notre pays, peut-être inscrites au chômage, ou faire venir davantage de personnes en Suisse à des salaires plus bas, créant du dumping salarial. L’UDC a décidé de sauver l’emploi suisse.

Quid de la voie bilatérale ? 

L’initiative de l’UDC ne remet rien en jeu à ce niveau-là. Les accords concernant le transport terrestre, le marché public de l’agriculture et du travail, sont totalement en faveur de l’UE et pas de la Suisse. Je reconnais que ce n’est pas aussi clair pour l’accord sur le transport aérien et le programme de recherche, mais personne n’est en train de dire que l’UE aurait intérêt que tous les autres accords tombent. Il faut savoir qu’elle en est aussi bénéficiaire ; de nombreuses personnes de l’UE viennent travailler en Suisse.

La libre circulation permettrait de combattre la pénurie de professionnels qualifiés en Suisse, selon la faîtière EconomieSuisse. Qu’en pensez-vous ? 

Tout d’abord, cette pénurie existe toujours malgré les 13 années de libre circulation des personnes. L'allégation selon laquelle ces professionnels viennent en Suisse grâce à la libre circulation des personnes avec l'UE est une pure légende. L’initiative ne stoppe pas la venue de professionnels qualifiés en Suisse, ni la main d’œuvre étrangère en général. Notre solution permet de maîtriser notre politique migratoire. Et puis, rappelons qu’un professionnel qualifié peut provenir du monde entier, d’un pays hors UE, et peut donc entrer en Suisse. Je trouve que c’est aussi un cas de discrimination entre les personnes se trouvant sous le régime de libre circulation, et celles des autres pays subissant des quotas. Nous devrions pouvoir mettre tous nos partenaires sur un pied d’égalité.

Certains médias annoncent la campagne de l’UDC comme perdue. Quel est votre état d’esprit? 

Comme toujours, notre parti est seul contre tous. Avec le taux de chômage et les pertes d’emplois qui vont arriver, je ne pense pas que les jeux soient faits, bien au contraire. Il va falloir se battre pour faire prendre conscience à la population suisse que les conséquences du coronavirus arrivent plus vite que ce que l’on pouvait prévoir, ce que je regrette bien-sûr. Et qu’il faut agir rapidement pour protéger nos emplois et notre sécurité.

 

 

 

 






 
 

AGEFI



...