Obligations toujours attractives

lundi, 03.06.2019

La valeur des obligations affichant un rendement négatif atteint le seuil des 11.000 milliards.

Valentin Girard*

Les obligations sont une classe d’actifs incontournable pour les investisseurs. Malgré le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt, depuis plusieurs années, les obligations sont plébiscitées à tel point que les investisseurs acceptent un taux de rendement négatif pour celles-ci.

Acheter une obligation avec un rendement négatif signifie payer l’émetteur à qui nous prêtons notre argent. Vraiment pas logique, vous en conviendrez. Seulement, si on ne détient pas cette obligation jusqu’à son échéance, il existe toujours l’espoir de la vendre à un prix plus élevé. Cette stratégie fonctionne en 2019. Le 1er janvier de cette année, le rendement de l’emprunt de la Confédération à 10 ans était -0.25%. À priori pas très intéressant. Toutefois, la performance d’un placement dans cet emprunt affiche une performance supérieure à 3% sur les 5 premiers mois de l’année (le taux de la Confédération étant descendu à -0.5%).

Potentiel de hausse limité

Un nombre croissant d’emprunts affiche aujourd’hui un rendement négatif (pour une valeur de 11.000 milliards de dollars). Il existe plusieurs raisons à cela. Le ton des banques centrales, plus accommodant, exerce une pression à la baisse sur les taux. Les attentes d’une croissance très faible dans les pays développés viennent encore accentuer ce phénomène. Les investisseurs se départissent de leurs liquidités en allant chercher un meilleur rendement sur la partie plus longue de la courbe des taux.

Seulement, le potentiel d’appréciation du cours des obligations apparaît aujourd’hui limité car les taux ne peuvent pas baisser ainsi indéfiniment. Pour tout investissement, il convient de s’assurer d’une rémunération correcte par rapport au risque encouru. Et à un certain moment, un emprunt de la Confédération apparaîtra plus risqué qu’une action d’une blue chip suisse. 

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI



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