Plus forte chute hebdomadaire en deux ans du pétrole

samedi, 10.02.2018

La très forte volatilité à Wall Street semble être le facteur principal de la chute des cours du pétrole.

Le pétrole coté à Londres et à New York a connu vendredi sa plus forte chute hebdomadaire en deux ans.

Le pétrole coté à Londres et à New York a connu vendredi sa plus forte chute hebdomadaire en deux ans, la volatilité à Wall Street et une production américaine à des niveaux historiques ayant brisé l'élan haussier depuis cinq mois.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, a cédé 1,95 dollar pour clôturer à 59,20 dollars sur le New York Mercantile Exchange, faisant chuter le cours de 9,55% sur la semaine.

Le cours du WTI retrouvait ses niveaux de la fin décembre.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a fini à 62,79 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 2,02 dollars par rapport à la clôture de jeudi et de 8,59% sur la semaine.

Il retrouvait son niveau de la mi-décembre.

"La très forte volatilité à Wall Street semble être le facteur principal de la chute des cours", a noté Bill O'Grady de Confluence Investment.

Dans ce contexte, "les investisseurs effectuent des arbitrages de portefeuilles et se délestent du pétrole qu'ils ont accumulé", a-t-il ajouté.

Wall Street a également connu une semaine noire, le Dow Jones ayant perdu plus de 5% sur la semaine.

Ce recul des cours a été exacerbé par la poursuite de la hausse de la production américaine, à des niveaux historiques.

Un indicateur avancé de la production américaine réalisé par la société Baker Hugues a fait état vendredi d'un bond de 26 unités sur le nombre de puits de pétrole actifs aux Etats-Unis.

Mercredi, le Département américain de l'Energie (DoE), avait déjà dévoilé une hausse de la production américaine quotidienne au-delà de 10 millions de barils lors de la semaine terminée le 2 février.

Les efforts de l'Opep amenuisés

"Le fait que la production (américaine) atteigne aujourd'hui 10 millions de barils par jour et l'anticipation que les Etats-Unis vont devenir le plus grand producteur de brut (du monde) d'ici à la fin de l'année a incité de nombreux acteurs du marché (...) à en tenir compte", ont commenté les analystes de Commerzbank.

Cette hausse de la production pourrait fortement amenuiser les efforts de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires, tenus par un accord de limitation de leur production depuis début 2017 pour rééquilibrer le marché mondial et maintenir des prix élevés.

Cet accord est en vigueur jusqu'à la fin de l'année 2018.

Selon Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, les cours du WTI ne peuvent dans ce contexte pas dépasser les 60 dollars au risque de voir les extractions américaines se multiplier, ni plonger sous les 40 dollars sans voir ces mêmes producteurs fermer boutique.
"C'est moins intéressant que de prévoir un baril à 80 dollars ou à 20 dollars, mais depuis deux ans, les prix n'arrivent pas à s'extraire de cette bande", a-t-il commenté.

La crainte d'une production américaine en hausse est pourtant injustifiée, selon Phil Flynn de Price Futures Group, car "si la croissance de la demande mondiale se poursuit au rythme actuel, alors nous aurons besoin de cette ressource additionnelle pour satisfaire cette demande" a-t-il affirmé. (awp)






 
 

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