La Suisse au sixième rang de la compétitivité numérique mondiale

jeudi, 01.10.2020

La Suisse occupe la sixième place du classement annuel de la compétitivité numérique de l'IMD, qui analyse la manière dont les économies utilisent les technologies, infrastructures, talents et outils informatiques. C'est en particulier le faible nombre de femmes chercheuses qui a freiné la Suisse dans cette édition 2020.

SM avec ATS

La Suisse occupe la sixième place du top mondial, publié jeudi matin par l'IMD.

Pour la quatrième année consécutive, l’Institute for Management Development (IMD) a évalué les capacités numériques des territoires du monde entier. Les résultats 2020, publiés jeudi matin, sont très similaires à ceux de 2019: le duo au sommet reste inchangé. En tête: les Etats-Unis, suivis de Singapour, du Danemark, de la Suède et de Hong Kong. 

La Suisse est en sixième position, alors qu'elle était cinquième en 2018 et 2019. Comparativement aux autres pays, les niveaux de connaissance et de technologie numérique ont pesé, alors que le pays a notablement progressé dans le domaine de la durabilité, passant de la dixième position en 2019 à la cinquième aujourd'hui.

C'est en particulier le faible nombre de femmes chercheuses qui a freiné la Suisse par rapport à son niveau de connaissance numérique, le pays n'atteignant que la 34ème place mondiale. D'après l'étude, c'est aussi la "concentration scientifique", mesurée par la quantité de publications en recherche et développement, qui pêche (38ème position).

Autres "faiblesses majeures", le cadre règlementaire (exécution des contrats, création d'affaires) et la baisse significative des exportations hautes technologies qui affaiblissent la compétitivité suisse en matière de technologie numérique.

Pour expliquer la place de l’économie américaine, tout en haut du podium, l’IMD met en lumière ses atouts d’éducation et de recherches comme principaux moteurs de sa croissance numérique. La robotique est ainsi de plus en plus présente dans ses cursus scolaire. À l'inverse, les régions comme l'Amérique latine, l'Asie centrale et l'Europe de l'Est sont celles qui ont le plus de marge de progression.

Le classement 2020 est particulièrement marqué par l’utilisation des technologies numériques pour faire face à la pandémie. Le Covid-19 a en effet dopé la dépendance des économies aux outils digitaux.

Le monde post-covid

Les données concrètes reflètent les performances de 2019, alors que l'enquête a été menée de février à mai 2020. Cela rend complexe le travail de démêlage de l'impact de COVID ; le classement de l'année prochaine éclairera probablement davantage l'impact de la compétitivité numérique pendant la pandémie. 

Toutefois, "nous pouvons utiliser le classement de cette année pour émettre des hypothèses sur la manière dont les économies pourraient se redresser", soulignent les auteurs dans un communiqué.

"Le monde post-COVID sera caractérisé par une reprise en forme de K, avec deux types d'économies : celles qui se redresseront rapidement et celles qui se redresseront plus lentement. La reprise est déterminée par de nombreux facteurs, tels que la santé des finances publiques. Mais aussi, fondamentalement, par la compétitivité numérique de ces économies", a déclaré Arturo Bris, directeur du Centre mondial de compétitivité de l'IMD.

L'Agefi reviendra en détails sur les résultats de ce classement dans la journée, avec  Pr. Arturo Bris, professeur de finance à l’Institute for Management Development (IMD); Marc Walder, fondateur de l'initiative digitalswitzerland et CEO du groupe médiatique Ringier; Martin Vetterli, président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et Pr. Mariana Mazzucato, l'influente économiste de l’University College de Londres (UCL).

 

 






 
 

AGEFI



...