La Suisse pointe au deuxième rang mondial sur la transition énergétique

mercredi, 13.05.2020

La Suisse occupe la deuxième place sur 115 pays dans l'indice de transition énergétique 2020 du WEF, se classant parmi les cinq premiers pays pour la sixième année consécutive. Les perturbations causées par le Covid-19 pourraient toutefois annuler les efforts en la matière.

MH

Le top 10 des pays en matière de transition énergétique. (WEF)

Le Forum Économique Mondial publie mercredi le rapport Fostering Effective Energy Transition 2020 mesurant la préparation à la transition vers une énergie propre dans 115 économies. 94 d’entre elles ont fait des progrès depuis 2015, la Suisse se place même au second rang pour la sixième année consécutive.

Mais la durabilité environnementale reste à la traîne. Les progrès sont désormais au point mort, les gains réalisés depuis 2015 n'ont été que progressifs et les perturbations dues à l'épidémie de Covid-19 risquent de tout annuler. La pandémie offre paradoxalement une bonne occasion d'examiner comment accélérer la transition vers une énergie propre, souligne le WEF.

Progrès possible en Suisse

La Suisse occupe la deuxième place sur 115 pays dans l'indice de transition énergétique 2020, se classant parmi les cinq premiers pays pour la sixième année consécutive.

Elle présente un système énergétique bien équilibré, ainsi qu'un environnement favorable à la transition énergétique. Il existe toutefois des possibilités d'amélioration, en ciblant les secteurs difficiles à décarboniser, en développant des infrastructures énergétiques prêtes pour l'avenir – telles que les technologies à émissions négatives – et en préparant le capital humain au futur système énergétique.

C’est dans les économies émergentes que l’on observe les améliorations générales les plus importantes, le score ETI moyen des pays dans le top 10 restant constant depuis 2015.  La Suède (1) est en tête de l'ETI pour la troisième année consécutive, suivie de la Suisse (2) et de la Finlande (3). La France (8) et le Royaume-Uni (7) sont les seuls pays du G20 dans le top 10.

Dans le cas de la Chine (74), les problèmes de pollution de l'air ont entraîné des politiques de contrôle des émissions, d'électrification des véhicules et de développement de la plus grande capacité au monde de panneaux solaires photovoltaïques et de centrales éoliennes terrestres.

Pour l'Inde (78), les gains proviennent d'un programme d'expansion des énergies renouvelables mandaté par le gouvernement, désormais étendu à 275 GW d'ici 2027.

Engagement ferme sur le charbon en Allemagne

Parallèlement, la tendance a été modérément positive en Allemagne (20), au Japon (22), en Corée du Sud (48) et en Russie (80). L'Allemagne a fait preuve d'un engagement ferme dans l'élimination du charbon et la décarbonisation de l'industrie grâce à l'hydrogène propre, mais rendre les services énergétiques abordables a été un réel défi.

Le Japon et la Corée sont confrontés à des désavantages naturels en tant qu'importateurs nets d'énergie. Cependant, l'environnement commercial innovant, le développement des infrastructures et l'engagement politique restent des catalyseurs clés dans ces deux pays.

En Russie, le secteur de l'énergie demeure un pilier solide de l'économie et continue de dominer la sécurité énergétique à l'échelle mondiale, bien que les progrès en matière de durabilité environnementale aient été modérés.

Les Etats-Unis en dehors du top 25 pour la première fois

En revanche, les scores ETI des États-Unis (32), du Canada (28), du Brésil (47) et de l'Australie (36) étaient soit stagnants, soit en baisse. Les Etats-Unis, qui se classe en dehors du top 25 pour la première fois, connaît des vents contraires principalement liés à l'environnement politique. Au Canada et en Australie, les défis résident dans l'équilibre entre la transition énergétique et la croissance économique, compte tenu du rôle du secteur de l'énergie dans leur économie.  

La menace du coronavirus

Des perturbations sans précédent causées par la Covid-19 menacent la transition vers une énergie propre, souligne mercredi le Forum Économique Mondial. Les baisses sans précédent de la demande, de la volatilité des prix et de la pression exercée pour atténuer rapidement les coûts socio-économiques, viennent compromettre la trajectoire à court-terme de cette transition.

«La pandémie de coronavirus offre l'occasion d'envisager une intervention peu orthodoxe sur les marchés de l'énergie et une collaboration mondiale pour soutenir une reprise qui accélérera la transition énergétique une fois cette crise atténuée» a déclaré Roberto Bocca, responsable du département Énergies et matériaux au Forum Économique Mondial. «Cette réinitialisation géante est pour nous l’occasion de mettre en œuvre des stratégies agressives, avant-gardistes et à long terme, qui mèneront à un système énergétique diversifié, sûr et fiable soutenant à terme la croissance future de l'économie mondiale de manière durable et équitable».

 

 






 
 

AGEFI



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