Rapport annuel du WWF: la Suisse, mauvaise élève de la biodiversité

vendredi, 27.12.2019

La Suisse est particulièrement mal notée: aucun pays ne présente une part d'espèces en danger aussi importante.

(Keystone)

"Les changements climatiques, l'agriculture industrielle et le braconnage menacent d'innombrables espèces animales", constate le WWF dans son bilan 2019. La Suisse est particulièrement mal notée: aucun pays ne présente une part d'espèces en danger aussi importante.
Plus d'un tiers des espèces de végétaux, d'animaux et de champignons sont considérées comme étant menacées en Suisse, relate l'organisation de défense de l'environnement dans son rapport "Planète Vivante" publié vendredi.
Ce document identifie chaque année les gagnants et les perdants des douze derniers mois. Concernant la Suisse, le rapport relève que plus de la moitié des près de 600 espèces d'abeilles sauvages, qui assurent une grande partie du travail de pollinisation des plantes de culture et sauvages, sont menacées.
Elles font les frais de l'agriculture industrielle et son cortège de pesticides, d'apports d'engrais excessifs, de monocultures et de destructions de sources de nourriture ou de lieux de nidification. Si les abeilles sauvages disparaissent, de nombreuses espèces végétales disparaîtront également, souligne le rapport.

Ours blanc, mérou, guépard

Au niveau mondial, le mérou et l'ours blanc font aussi partie des perdants, comme le guépard et le calao à casque rond. Le mérou est menacé par la surpêche. En tout, 20 espèces de ce poisson sont considérées comme en voie d'extinction.
Le calao, un oiseau d'Asie du Sud-Est, figure sur la même liste critique. Il fait les frais de la commercialisation de son bec, utilisé pour confectionner des perles, des pendentifs et des objets décoratifs sculptés.
Le guépard est lui surtout victime de la disparition de 75% de son espace vital. La majeure partie des zones protégées ont une taille insuffisante pour satisfaire ses besoins. Il est aussi souvent victime des conflits avec les éleveurs de bovins.

 

Chacal doré et bostryche dans les gagnants

Le rapport du WWF signale aussi quelques gagnants. Comme le chacal doré. Préférant les températures plutôt clémentes, celui-ci quitte sa région d'origine, au Sud-Est de l'Europe, pour s'établir de plus en plus souvent en Europe centrale, où le climat s'adoucit.
Sur le Vieux Continent, sa population est actuellement sept fois supérieure à celle de son plus grand ennemi, le loup. On l'aperçoit aussi régulièrement en Suisse, bien qu'il s'agisse toujours d'individus solitaires.
Autre gagnant du réchauffement, le bostryche. Les années sèches et chaudes lui permettent de mieux se reproduire. Sur le Plateau suisse, il trouve une table richement dressée, les épicéas plantés par le passé s'affaiblissant sous les effets des changements climatiques. Le coléoptère n'a désormais plus aucun mal à attaquer ces arbres, entraînant leur mort.

Bison, éléphant birman

Le bison d'Europe compte aussi au nombre des gagnants. Il a bénéficié d'un projet de réintroduction dans la partie russe du Caucase. Un recensement effectué en février 2019 laisse espérer une possible survie de l'espèce à long terme.
Autre espèce en progression, l'éléphant de Birmanie, dont un exemplaire était encore tué chaque semaine en 2017. Une intensification des patrouilles de gardes-faune a permis de faire drastiquement baisser leur mortalité.
Enfin, la grenouille Sehuencas, dont un exemplaire mâle a vécu près de 10 ans seul dans un aquarium du musée d'histoire naturelle "Alcide d'Orbigny" en Bolivie, qui la considérait comme le dernier spécimen de son espèce. Des biologistes sont tombés par hasard sur une grenouille Sehuencas femelle dans les forêts humides du pays.
Désormais, l'espoir que cette espèce en voie de disparition puisse perdurer repose entièrement sur le couple et sa descendance. La grenouille Sehuencas est surtout victime du réchauffement et de la destruction de son habitat.(AWP)






 
 

AGEFI




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