La Suisse championne du monde de la résilience!

mardi, 18.08.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

On croyait la Suisse innovante, elle se révèle résiliente. La crise sanitaire actuelle dévoile une nouvelle Suisse.

Avec un chômage à 3,2%, un ralentissement économique projeté à moins de 5,1% et un endettement public contenu à quelque 26% du PIB, elle fait des envieux. Jugez plutôt: en France 11,5% de chômage, 11% de chute du PIB attendu et un endettement de 110%, pour l’Allemagne, encore considérée comme le bon élève économique de l’UE, les chiffres ne sont pas bons du tout:  6,3 % de chômage, une récession de 6,6 % et un endettement qui devrait atteindre 77% du PIB. Les USA sont carrément à la traine : chômage +10%, contraction du PIB à 9,5% et une dette publique qui explose à +115%, sans compter l’endettement des ménages. On voit que le tableau est plutôt sombre. Il fallait s’y attendre avec une telle crise, caractérisée en autre par un long confinement. 

Mais pourquoi donc le Suisse fait-elle si bien ? Quel est le secret de sa résilience. 

D’abord il faut voir que la résilience est composée de trois éléments bien distincts : la résistance, le reset et la relance. 

À chaque étape il s’agit de réagir au mieux. La «Résistance» pour les entreprises, était d’éviter la faillite. Le programme d’urgence de la Confédération a, en ce sens, très bien marché. Le taux de faillite a été au premier trimestre faible voir en dessous de la moyenne des années précédentes. Pour le pays, il fallait maintenir à flot le plus grand nombre d’entreprises et l’exercice a très bien fonctionné.

Ensuite, le «Reset» s’est organisé principalement autour de la transformation digitale. Il s’agissait au plus vite de faire fonctionner le «home office», mais aussi que les contacts business, notamment à l’étranger, puissent avoir lieu par vidéo-conférence et que le «e-Business» soit opérationnel. En gros: les suisses devaient pouvoir continuer à travailler, vendre et acheter. 

Puis, la «relance». Il s’agit de poursuivre l’activité économique tout en voyageant moins. Comme les voyages ou déjeuners d’affaires ont été restreints, il a fallu par vidéo-conférence relancer la clientèle. Un avantage certain comme le précisait Hugo van Buel, CEO de Cla-Val dans un récent interview: «Mes vendeurs vendent plus car ils ne perdent plus de temps dans les avions ou les aéroports». Encore faut-il avoir construit un réseau clients de qualité avant la crise. La vente dépend de votre offre mais aussi des contacts privilégiés. Et là la Suisse a toujours su bien faire les choses notamment avec un super réseau de soutien aux exportations.

Enfin, souvent on a évoqué le nombre et la qualité des PME comme un avantage décisif pour la Suisse mais en fait, c’est la structure de l’économie qui est la cause première de notre succès. En effet, l’économie est formée d’une grande diversité faite de nombreuses spécialités performantes: banque, assurance, pharma, électromécanique, nutrition, montre, micromécanique, logistique, etc. et aujourd’hui biotech, medtech, fintech, insurtech ainsi que d’autres start-up de la Data, de l’IA et de l’IoT. La Suisse n’a jamais mis tous ses œufs dans le même panier. C’est cela le véritable succès. La résilience, c’est créer de la diversité donc en quelque sorte de la redondance économique. La nature économique de la Suisse agit ainsi: si un secteur fléchit, un autre peut rebondir.

* Manufacture Thinking






 
 

AGEFI



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