Meyer Burger: dissolution du groupe autour de Sentis Capital

mercredi, 20.05.2020

La structure de l'actionnariat de Meyer Burger change avec la dissolution du groupe d'actionnaires autour de Sentis Capital.

Meyer Burger est en difficulté depuis plusieurs années. (Keystone)

Changement au sein de l'actionnariat de Meyer Burger. Le groupe d'actionnaires, qui s'était constitué autour du propriétaire de référence du fabricant d'équipements pour la production d'installations photovoltaïques Sentis Capital et qui détenait à fin janvier dernier plus de 12% des actions, s'est dissolu, annonce mercredi l'entreprise bernoise.

Lors de la dernière assemblée générale, qui s'est tenue le 13 mai dernier sans la présence physique des actionnaires, ces derniers avaient élu pour la première fois au sein du conseil d'administration Mark Kerekes, co-dirigeant de la société de participations Sentis Capital. Ils avaient également voté dans le même sens concernant la candidature d'Urs Fähndrich d'Elysium Capital et celle de Franz Richter à la présidence.

M. Kerekes avait déjà tenté de se faire élire une première fois au sein de l'organe de surveillance de Meyer Burger en convoquant une assemblée générale extraordinaire en octobre 2019, mais les actionnaires avaient rejeté sa candidature, suivant en ce sens les recommandations du conseil d'administration de l'entreprise de Thoune. Alors directeur général de la firme, Hans Brändle, avait menacé de démissionner en cas de "oui" à cette élection.

A ce moment, le groupe d'actionnaires autour de Sentis comprenait 14 membres et contrôlait 11,5% du groupe. Mark Kerekes est co-directeur et membre du conseil d'administration de la société de participations domiciliée au Liechtenstein. Cette dernière est une filiale du groupe Elbogross détenu par l'homme d'affaires russe Petr Kondrashev, dont la fortune est estimée par Forbes à 1,4 milliard de dollars.

Grosses difficultés

M. Kondrashev figure sur la liste Caatsa ("Countering America's Adversaries Through Sanctions Act"). Ce document établi depuis 2017 par l'administration américaine recense les oligarques russes et leurs entreprises pouvant donner lieu à des sanctions pour les entreprises collaborant avec ces entités.

En difficultés depuis plusieurs années, Meyer Burger a fait part au début du mois de l'annulation d'un contrat-cadre passé l'été dernier avec une jeune pousse nord-américaine portant sur la production de cellules photovoltaïques avec son équipement d'hétérojonction (HJT). Le volume du contrat signé fin juillet 2019 avait été annoncé autour de 100 millions de francs, montant qui aurait dû initialement être comptabilisé au 4e trimestre de l'année dernière.

La concrétisation du contrat avait déjà été reportée en novembre dans l'attente d'une ronde de financement, avait alors expliqué la société de l'Oberland bernois. Au terme de l'exercice 2019, la perte nette de Meyer Burger s'est accentuée de manière beaucoup plus prononcée que ce qui avait été prévu, celle-ci s'étant toutefois réduite en un an de 59,4 millions de francs à 39,7 millions. Le chiffre d'affaires a dégringolé de 407,0 millions en 2018 à 262,0 millions.

Suite à ces résultats, le président du conseil d'administration, Remo Lütolf avait annoncé renoncer à solliciter un nouveau mandat en tant qu'administrateur. Le directeur général avait lui donné sa démission pour la fin mars, Gunter Erfurt étant appelé à lui succéder.

Conséquence de la crise sanitaire du coronavirus, Meyer Burger avait introduit début avril le chômage partiel à son siège de Thoune ainsi que sur le site neuchâtelois de Hauterive, après en avoir fait de même à son usine allemande de Hohenstein-Ernstthal depuis la mi-mars. Ses dirigeants avaient dans la foulée décidé de sabrer leur rémunération de 15%.

Meyer Burger avait aussi finalisé la cession des affaires dans les imprimantes à jet d'encre (pixdro) de sa filiale néerlandaise d'Eindhoven à la société allemande Süss Microtec, pour 4,1 millions de francs. L'acquéreur avait repris l'ensemble de 30 salariés de cette unité. L'opération avait été annoncée le 20 décembre dernier. (awp)






 
 

AGEFI



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