La technologie de réduction de la pollution sonore d’AVAtronics récolte 1,6 million

jeudi, 16.04.2020

La start-up suisse a clôturé son premier tour de financement. Avec la somme récoltée, elle pourra engager, peaufiner sa technologie et surtout adresser de nouveaux marchés.

Sophie Marenne

Les cofondateurs d’AVAtronics, Fardad Zabetian, Amir Farahani et Jeyran Hezaveh, peuvent faire taire les bruits indésirables grâce à leurs algorithmes.

La start-up vaudoise AVAtronics a conçu une technologie brevetée en suppression active du bruit, ou Active Noise Cancellation (ANC). Cette percée dans l'industrie audio supprime toutes les fréquences qui parasitent l’écoute dans des casques et également bien au-delà. Basée à Lausanne, la jeune entreprise dispose d’une filiale à Struer au Danemark, au sein du pôle d’expertise sonore Sound Hub où son équipe a accès à des installations de tests acoustiques d’excellence.

Une somme d’1,6 million de francs a été récoltée par cette start-up dont le nom reflète le cœur de métier: l'électronique et les algorithmes de traitement du son; «ava» étant le mot persan pour «son». Ces fonds aideront à l’expansion de son équipe et au développement de sa technologie. D’un point de vue commercial, cette première levée de fonds permettra à AVAtronics de conquérir de nouvelles industries. «Nous comptons par exemple fabriquer notre propre voiture de démonstration de faisabilité, ou proof of concept. L’objectif est de disposer de la preuve de l’efficacité de notre technologie de suppression des bruits de la route, à exposer aux principaux acteurs de l'industrie automobile. Nous sommes d’ailleurs déjà en contact avec plusieurs d’entre eux», indique Amir Farahani, cofondateur et directeur technique. L’autre prochaine étape à l’agenda de la jeune pousse sera la négociation et la signature d’un premier contrat de licence majeur dans l’industrie des écouteurs et des casques audio.

Derrière cette levée de fonds: la Banque cantonale de Zurich (ZKB) Zurcher Kantonalbank, la plateforme Investiere, le portail Go Beyond Invest, Norga Capital, Accelerace Invest ainsi que des investisseurs privés. «Nous remercions tout particulièrement les organismes Innovaud, VentureKick, Platinn et Innosuisse qui nous ont permis d’atteindre ce jalon, nécessaire à notre transformation en grande entreprise», ajoute le CTO.

Casque, voiture, ascenseur et train

L’idée de ce projet entrepreneurial est venue à deux de ses fondateurs après un voyage d’affaires en juillet 2015. «Jeyran Hezaveh et moi-même revenions de Chine lorsque nous avons acheté  deux paires d'écouteurs antibruit, pour rendre ce long vol plus confortable», raconte Amir Farahani. Les ingénieurs étaient impressionnés par la performance de l’accessoire qui étouffait considérablement le vrombissement du moteur de l’avion. «Jusqu’à ce qu’un bébé se mette à pleurer», se souvient-il.

Les cris d’enfant, les discussions d’individus à la voix aiguë ou les coups de klaxon ne sont en effet pas filtrés par les dispositifs actuels qui ne peuvent annuler qu'une petite partie de la bande passante, négligeant les hautes fréquences. «Par curiosité, nous avons commencé à explorer ce problème et nous avons remarqué que l’étroitesse de la bande passante des écouteurs ANC – même les meilleurs du marché – était en cause.» Le duo s’est alors penché sur l’extension de cette bande passante pour les technologies ANC, puis a été rejoint par Fardad Zabetian. Les trois associés d’origine iranienne ont fondé l’entreprise en octobre 2016.

Au-delà des écouteurs, la jeune entreprise compte déployer sa technologie dans bien d’autres configurations: dispositifs de visioconférence et de communication, prothèses auditives, appareils à commande vocale, industrie automobile, ascenseurs ou encore secteur ferroviaire. «Nous avons décidé de ne pas devenir un fabricant mais de rester un fournisseur de technologie. Ainsi, nous pouvons cibler le plus grand nombre de marchés et d’industries possible avec notre innovation sous licence d’exploitation, qui prend la forme d’un logiciel intégré.»

L’équipe de trois collaborateurs aurait dû doubler de taille avant la fin de l’année 2020, renforcée par des profils en ingénierie et développement commercial. «Cependant, les effets de COVID-19 ralentiront notre expansion, car trois de nos projets sont confrontés à des retards importants du côté des clients», déplore Amir Farahani. L’entrepreneur espère que la start-up pourra compter sur une aide financière, fédérale ou cantonale, afin de pouvoir tenir le cap prévu à l’origine.






 
 

AGEFI



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