La start-up vaudoise EH Group sur le point de commercialiser sa pile pour poids lourds

mercredi, 18.12.2019

La start-up basée à Renens a développé une nouvelle source d’énergie verte à bas coût. Elle s’est vu octroyer un prêt de la FIT à hauteur de 100.000 francs.

Sophie Marenne

Christopher Brandon & Mardit Matian. Les fondateurs espèrent atteindre une production de masse d’ici deux ans au plus tard.

Utilitaires lourds comme les camions ou bus électriques: à l’avenir, ces véhicules pourraient tirer leur énergie de piles à combustible alimentées grâce à de l’hydrogène. «Pour ces grands véhicules, les batteries ne sont pas une solution envisageable car vous auriez besoin de plusieurs tonnes de piles pour assurer leurs déplacements quotidiens», commente Mardit Matian, directeur d’EH Group. Cette jeune société vaudoise a développé une nouvelle génération de source d’énergie verte. «Notre marché immédiat sera celui des poids lourds. En parallèle, nous constatons que le milieu maritime est très demandeur également, ainsi que le domaine ferroviaire. A plus long terme, nous adresserons aussi le secteur de la construction automobile: un marché plus compétitif qui viendra en son temps.»

Une solution plus légère et plus efficace

Une telle pile fonctionne en convertissant l’énergie chimique d’un combustible – l’hydrogène – en électricité grâce à une réaction électrochimique. «Jusqu’ici, on entendait souvent dire que la fabrication de cette technologie était complexe, lourde à mettre en place et coûteuse. Notre but était de développer une solution qui résolve tous ces problèmes», explique le cofondateur de la jeune entreprise. 

Contrairement aux piles existantes, celles d’EHG sont plus légères, rigides et résistantes. Elles présentent aussi un design repensé et simplifié, qui les rend non seulement compactes et légères, mais surtout moins coûteuses à produire: elles reviendront à moins de 50 francs le kilowatt. «Nous avons mis au point un produit à la fois moins cher et facile à manufacturer», se réjouit celui qui rêve de faire de la petite start-up helvétique, un acteur de poids à l’échelle du globe. «Le marché est immense», souligne-t-il.

Bientôt sur les rails de la production 

Après des années de recherches et de tests en laboratoire, EHG a développé deux modèles principaux: la mini-stack pour les petites applications jusqu'à 4 kW et la maxi-stack pour celles demandant jusqu’à 100 kW.

Au début du mois de décembre, la Fondation pour l'innovation technologique (FIT) a annoncé octroyer un prêt FIT Tech Seed de 100.000 francs à la start-up. Ces fonds lui permettront de réaliser un prototype commercial de son produit, afin d’évaluer et d’améliorer son design auprès de la clientèle. «Notre prochaine étape sera la commercialisation. Maintenant que nous avons réussi à drainer des fonds vers l’entreprise, nous visons à faire grandir notre équipe, aujourd’hui composée de cinq personnes. Nous nous doterons d’experts en commercialisation de produits et nous recruterons des ingénieurs.» Le cofondateur espère atteindre une production de masse d’ici deux ans au plus tard.

Le système d’EHG touchera les secteurs de la mobilité avec les voitures, camions, cargos ou drones; et du bâtiment dans des édifices commerciaux, des centres de données, et jusqu’aux hôpitaux. Brevetée, cette innovation représente une alternative aux batteries actuelles qui intéressera avant tout une clientèle B2B. «Nous cherchons maintenant à tisser des liens avec un partenaire stratégique. Ensuite, nous viserons à une distribution de cette technologie sous licence ou via une joint-venture, par exemple.»

La start-up a déjà bâti des coopérations solides avec des acteurs du pays, notamment avec l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) au regard de revêtements innovants qui renforceront encore l’efficience et la durabilité de ses produits. «Nous sommes très heureux d’être basés en Suisse, un pays où les opportunités sont immenses pour une petite entité comme la nôtre», se réjouit Mardit Matian. Cet ingénieur mécanicien de formation, titulaire d'un doctorat de l’Imperial College London, a exercé durant près de 20 ans dans le domaine des piles à combustible auprès de diverses compagnies dont ABB. «L’idée de lancer ma propre entreprise me trottait dans la tête depuis longtemps. Il y a trois ans, j’ai enfin décidé de sauter le pas», se souvient-il. Au départ, il s’appuyait sur des consultants en Suisse, au Royaume-Uni et ailleurs en Europe. Quelque temps plus tard, il a été rejoint par Christopher Brandon, un ancien de chez UBS qui a précédemment cofondé un hedge fund. Particulièrement intéressé par le volet durable et l’impact positif sur l’environnement des piles à combustibles, il en est devenu l’un des cofondateurs et a pris en charge la responsabilité des finances et de la stratégie commerciale.

 

 






 
 

AGEFI




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