La saison estivale devrait être mouvementée

lundi, 24.06.2019

La semaine passée a été riche en événements et celle qui s’ouvre devrait l’être également, avec en point d’orgue le G20.

Olivier de Berranger*

Au niveau monétaire, la BCE puis la Fed ont chacune évoqué la possibilité d’injecter de nouvelles liquidités dans l’économie pour faire face au risque déflationniste et de ralentissement de la croissance. C’est d’abord à Sintra, lors du forum annuel de la BCE, que M. Draghi a clairement évoqué la nécessité de mettre en place des «mesures additionnelles de soutien», si les perspectives d’un retour durable de l’inflation autour de sa cible de 2% ne se matérialisent pas. A Washington, M. Powell s’est à son tour inquiété de la montée des «incertitudes» entourant les perspectives économiques, notamment la faiblesse de l’inflation.

Aujourd’hui, près de la moitié des gouverneurs de la Fed envisage de baisser une ou deux fois les taux directeurs d’ici la fin de l’année. Le prix des obligations gouvernementales a touché des plus hauts, tandis que les actions ont terminé la semaine en hausse. L’addiction des investisseurs aux injections de liquidité dans l’économie a pris le dessus sur des indicateurs macroéconomiques qui ne restent donc guère reluisants quant aux perspectives de l’industrie manufacturière.

Au niveau politique, l’UE est en proie à une cacophonie qui précède la cascade de nominations à venir: gouverneur de la BCE, président de la commission et président du conseil. Au Royaume-Uni, Boris Johnson est en bonne position pour accéder au poste de chef du gouvernement, et devrait adopter une posture plus dure sur le Brexit que sa prédécesseur. 

Twitter, ou l’arme fatale

Enfin, aux Etats-Unis, Trump a ouvert la campagne pour la présidentielle de 2020 par un premier meeting. Il n’a pas manqué d’utiliser son arme favorite, Twitter, pour attaquer M. Draghi, accusé d’être «injuste» envers les Etats-Unis et d’avoir tenté d’affaiblir l’euro au détriment du billet vert en envisageant de baisser les taux. Comme à l’accoutumée, Trump a également visé les démocrates et les médias, accusés de répandre des «fake news» en permanence. Source de nombreuses incertitudes, la question politique n’a pourtant eu que peu d’écho cette semaine malgré son potentiel impact sur les marchés. Ce sont les politiques monétaires qui ont été au cœur des préoccupations des investisseurs.

Au niveau géopolitique, l’éventualité d’un conflit ouvert entre l’Iran et les Etats-Unis devient de plus en plus crédible. Après que l’Iran a abattu un drone américain suspecté d’avoir franchi l’espace aérien iranien, Donald Trump a, semble-t-il, autorisé une contre-offensive sur des cibles stratégiques... avant de se raviser. L’or noir reste étonnamment peu sensible à ces tensions et au risque de blocage maritime du détroit d’Ormuz, où transite pourtant quotidiennement un cinquième de la production mondiale.

Zoom sur le titre Adobe: une transition exemplaire vers le cloud

Le leader des solutions de traitement d’images a publié des résultats du deuxième trimestre meilleurs qu’attendus. En hausse de 25% sur la période par rapport au deuxième trimestre 2018, son chiffre d’affaires a dépassé les attentes du marché, notamment grâce aux souscriptions. Adobe a été l’une des premières sociétés de logiciels à évoluer d’un modèle de vente de licences perpétuelles vers un modèle basé sur des souscriptions. Un changement de taille pour les clients de la société, qui ne sont désormais plus contraints par un modèle lourd en investissements. 

De plus, ce nouveau modèle, qui complique les piratages – nombreux en Amérique latine et en Asie, a ainsi permis à la société de développer sa clientèle. Le management a annoncé une progression du nombre d’utilisateurs de ses applications Creative Cloud, utilisables depuis les appareils mobiles, ainsi que d’Adobe Spark, un programme qui permet de produire des graphiques pour les réseaux sociaux. Bien que bénéficiant d’une position dominante grâce à des logiciels réputés tels que Photoshop, l’éditeur de logiciels continue de faire croître son activité par une innovation qui s’accélère. Le marché a réagi positivement à cette publication malgré des prévisions pour le troisième trimestre légèrement inférieures aux anticipations, qui ne sont que la conséquence de la saisonnalité de l’activité, de plus en plus dépendante du dernier trimestre de l’année. 

Les prévisions annuelles confirmées ont en revanche rassuré le marché. Adobe est bien positionnée pour répondre aux besoins de création et d’expérience client dans le cadre de la transformation digitale des entreprises. La société a réalisé de nombreux investissements technologiques, notamment dans son Intelligence Artificielle nommée Sensei, qui permet d’améliorer sensiblement la proposition de valeur de ses produits. Compte tenu du profil de croissance élevé, à +20% par an pour le chiffre d’affaires, et d’une valorisation qui nous semble raisonnable, nous conservons une conviction forte sur cette valeur.

*CIO La Financière de l’Echiquier






 
 

AGEFI



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