Pas de date de retour pour le Boieng 737 MAX

vendredi, 24.05.2019

La réunion des autorités mondiales de l'aviation civile consacrée au Boeing 737 MAX s'est conclue jeudi au Texas. Le retour de cet appareil-phare de l'avionneur américain, cloué au sol depuis plus de 70 jours, n'a pas été fixé.

Près d'une soixantaine de représentants de 33 pays où volait le 737 MAX ont pris part à la réunion, tenue à huis clos.(Keystone)

Les régulateurs aériens se sont quittés sans date de retour du Boeing 737 MAX.

"Le seul calendrier est de s'assurer que l'avion est sûr avant de voler", a déclaré Dan Elwell, le chef intérimaire de l'agence fédérale américaine de l'aviation (FAA), lors d'une conférence de presse. Le "dialogue" va se poursuivre, notamment des échanges d'informations entre régulateurs. Mais le responsable a reconnu que "chaque pays prendra(it) sa propre décision" en toute indépendance. 

La veille, Dan Elwell avait jeté un froid en révélant que Boeing n'avait pas soumis pour évaluation la mise à jour du système anti-décrochage MCAS. L'avionneur avait pourtant affirmé la semaine dernière que le correctif était prêt pour la certification.

Le dysfonctionnement de ce dispositif a été mis en cause dans l'accident d'un 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines le 10 mars (157 morts) et d'un exemplaire similaire de Lion Air le 29 octobre en Indonésie (189 morts). Ce qui a conduit à interdire provisoirement de vol cet avion, dernier-né du constructeur américain.

Le nouveau retard accusé par Boeing est dû au fait que la FAA, qui s'efforce de faire la preuve de son indépendance vis-à-vis du groupe américain, a adressé de nouvelles questions auxquelles elle attend des réponses, a expliqué M. Elwell.

Pour Michel Merluzeau, "on s'oriente vers un retour en service qui risque de s'étaler dans le temps". Selon cet expert chez Air Insight Research, on peut imaginer une levée de l'interdiction aux Etats-Unis vers la fin de l'été et dans "plusieurs mois" dans les autres pays.

Quelle formation?

Une fois que Boeing aura soumis toute la documentation au régulateur, il devra franchir d'autres étapes: la FAA va par exemple effectuer un essai en vol et une analyse poussée pour éprouver la sécurité de l'appareil. En outre, la FAA n'a toujours pas déterminé quelle sera la formation adéquate pour les pilotes.

Les Etats-Unis et un grand nombre de pays dont le Canada divergent sur ce point: les premiers estiment qu'une formation sur ordinateur ou iPad est suffisante pour des pilotes chevronnés, quand Ottawa veut rendre obligatoire le passage des pilotes sur simulateur de vol.

L'Union européenne via l'AESA (agence européenne de la sécurité aérienne), le Canada ou encore le Brésil ont déjà indiqué qu'ils allaient effectuer leur propre évaluation du correctif du MCAS. La Chine, premier pays à avoir cloué au sol le 737 MAX, est également une inconnue en plein regain de tensions commerciales entre Pékin et Washington.

Besoin de transparence

Près d'une soixantaine de représentants de 33 pays où volait le 737 MAX ont pris part à la réunion, tenue à huis clos. La Chine était aussi présente. "Il n'y a pas eu de critiques (...). La discussion a été franche", a affirmé Dan Elwell, ajoutant que ses pairs avaient posé "beaucoup de questions" et voulaient des "clarifications" sur les procédures américaines.
Le retour de la confiance sera long, des enquêtes d'opinion menées par Southwest montrant qu'un grand nombre de passagers ne sont pas prêts à monter tout de suite à bord d'un 737 MAX. Et les pilotes sur lesquels les compagnies, Boeing et la FAA entendent s'appuyer ne semblent pas disposés à leur signer un chèque en blanc.

"Avant que le MAX ne retourne en service: nous avons besoin de réponses et de transparence", a ainsi réagi jeudi l'ECA, la fédération européenne des pilotes.

Au-delà de la réputation, la crise du 737 MAX devrait avoir un coût financier important alors que cet avion représentait près de 80% du carnet de commandes à fin avril. Boeing, qui a suspendu les livraisons, ne perçoit plus d'argent des compagnies aériennes qu'il devra aussi indemniser pour leur manque à gagner.(ats)






 
 

AGEFI



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