Les CDS (Credit Default Swaps) s’avèrent plus que jamais pertinents

dimanche, 22.03.2020

La récession globale attendue et les révisions de notations de crédit favorisent les instruments négociables en bourse sur les contrats de protection contre les défauts de paiement.

Levi-Sergio Mutemba

La crise sanitaire du coronavirus se transforme peu à peu en crise globale du crédit. Avec l’assèchement attendu des cash-flows des entreprises résultant de la cessation de leurs activités, les craintes du marché quant à leur capacité de remboursement s’intensifient. L’agence de notation américaine S&P Global Ratings vient de publier un rapport sur les changements d’opinion des notations de crédit des entreprises dans le monde, suite à la crise du coronavirus.

Au 19 mars, ces altérations de vues sur la solvabilité des sociétés sont au nombre de 123, dont 74 modifications concernent l’Amérique du Nord contre 24 changements d’opinion pour la région Europe, Moyen-Orient & Afrique (EMEA) et 17 pour l’Asie Pacifique. Sur ces 123 changements, plus de 37% sont des mises sous surveillance avec implications négatives. Elle indique la possibilité que la note soit modifiée dans un avenir plus ou moins proche (environ 90 jours) en raison de circonstances particulières.

La dette de catégorie spéculative accumule sans surprise et de loin le plus grand nombre de changements d’opinion, soit 99 modifications sur les 123 précitées. La catégorie «Investment Grade» ne fait l’objet que de 24 changements dans les notations de crédits. Ce bilan coïncide avec la chute récente de l’indice de la dette global privée à haut rendement. Le Markit iBoxx Global Developed Markets Liquid High Yield Capped (USD) Index chutant en effet de 25% sur le mois écoulé au 19 mars. Par contraste, les obligations du Bloomberg Barclays Aggregate Global Bonds Index) ne cèdent qu’un peu plus de 3,3% sur cette période.

Mercredi 18 mars, par exemple, lors d’une des chutes boursières les plus violentes depuis le début des années 90, S&P Ratings a abaissé à BB- la note du détaillant suisse de l’industrie du voyage Dufry. L’emprunt du groupe est également mis sous surveillance avec  implications négatives. La note correspond à une situation où la capacité du débiteur  honorer ses engagements de long terme peut être remise en cause suite à des événements économiques disruptifs au sein de l’industrie des voyages.

Jeudi, dans une mise à jour des estimations d’impact de S&P Global, ses analystes se sont dits désormais «convaincus que les effets de l’épidémie» avaient «acculé l’économie globale en récession». Faisant s’effondrer les taux de croissance de l’économie chinoise à 2,7-3,2% seulement, «annulant toute expansion économique aux États-Unis», alors que l’économie en zone euro devrait se contracter de 0,5-1% cette année, soulignent les analystes de S&P Global, au moment où ceux-ci reçoivent la confirmation que le taux de mortalité dû au coronavirus est de 9100 victimes dans le monde pour 222.000 personnes testées positives.

Il existe un produit innovant qui profite de façon substantielle d’une hausse de la perception des événements de crédit sur le segment du haut rendement, en particulier en Europe. Il s’agit du fonds Tabula European iTraxx Crossover Credit Short UCITS ETF – EUR (ticker Bloomberg TECS). Cet ETF obligataire, lancé l’an dernier dont en Suisse, est en hausse de plus de 20% sur le mois écoulé au 20 mars 2020.

Rebalancé mensuellement, cet indice reflète les rendements résultant de l’achat de protection par rapport aux entités de référence de l’indice iTraxx Crossover 5Y Index, qui reflète le crédit de 75 signatures de catégorie spéculative en Europe via des CDS. Le produit reflète ainsi l’indice sous-jacent iTraxx European Crossover Credit Short index (ITRXXOVS), qui reflète une vue courte ou baissière sur les émetteurs précités.

Ainsi, le fonds TECS de Tabula s’apprécie lorsque le risque de défaut s’accentue et/ou lorsque la perception de ce risque s’intensifie. Au lieu d’acheter directement les obligations sous-jacentes, les indices iTraxx se positionnent à travers des CDS, qui offrent la possibilité d’exprimer des vues sur le crédit et gérer activement l’exposition à cette classe d’actifs sans assumer de risque de taux d’intérêt. Le fonds TECS, qui utilise des instruments dérivés, n’est pas destiné aux investisseurs souhaitant appliquer de buy-and-hold sur une période de plus d’un mois, notamment en raison des coûts de rebalancement mensuels pouvant créer un écart de suivi significatif par rapport à l’indice de référence.






 
 

AGEFI



...