Grande-Bretagne: la production industrielle s'effrite en mai

vendredi, 07.07.2017

La production industrielle britannique s'est effritée de 0,1% en mai sur un mois, à cause d'une fabrication moins intense de voitures, tandis que le commerce extérieur se creusait.

Les ventes de voitures ont diminué ces tous derniers mois au Royaume-Uni.

Parmi les composantes de la production industrielle en Grande-Bretagne, l'Office des statistiques nationales (ONS) a précisé que la production manufacturière avait diminué de 0,2%, avec en particulier un recul de 4,4% de la production de voitures et de camions - la plus forte baisse enregistrée de ce côté depuis février 2016.

Les ventes de voitures ont diminué ces tous derniers mois au Royaume-Uni, les professionnels du secteur évoquant l'impact négatif de la refonte d'une taxe sur les véhicules au 1er avril, sur fond d'incertitudes planant autour des conditions d'activité du secteur avant le Brexit.

La production de biens d'équipements électriques a aussi diminué, de 1,6%.

Au sein des autres composantes de la production industrielle, l'ONS a pointé un repli de 0,8% de la production d'électricité et de gaz, avec notamment une baisse de 1,5% de la production de gaz "liée à la hausse de la température, mai 2017 ayant été le mois de mai le plus chaud depuis 2008".

L'Office a ajouté que la production industrielle avait été soutenue en revanche par une production plus importante du secteur de gestion des eaux (+1,2%).

En rythme trimestriel, la production industrielle du Royaume-Uni a baissé de 1,2% lors des trois mois de mars à mai, comparé aux trois mois précédents. D'une année sur l'autre, la production de mai s'est effritée de 0,2% par rapport à celle de mai 2016.

Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics, a estimé qu'un léger rebond de la production industrielle était attendu en juin (sur un mois), mais que cela ne suffirait probablement pas pour lui permettre d'augmenter lors de l'ensemble du deuxième trimestre.

"Avec une activité bien partie pour diminuer dans le secteur de la construction et des signes de ralentissement dans le secteur des services, il est peu probable que la croissance du PIB se soit améliorée" au deuxième trimestre, après un décevant 0,2% lors du premier trimestre par rapport au précédent, a ajouté l'analyste.

La croissance du Royaume-Uni s'était montrée dynamique lors du second semestre 2016 après la décision choc des Britanniques de quitter l'UE lors du référendum du 23 juin de cette année-là. Mais elle montre depuis le début 2017 de nombreux signes d'essoufflement, notamment du côté de la consommation de ménages aux revenus pressurisés par une inflation dopée.

L'ONS a par ailleurs publié les données de mai sur le commerce extérieur britannique, qui ont fait apparaître une aggravation de 1,3 milliard de livres du déficit du commerce des biens (1,5 milliard d'euros), à cause d'une hausse de 3,9% (en valeur) des importations alors que les exportations n'augmentaient que de 0,9%.

Le déficit des échanges de biens s'est élevé en conséquence à 11,9 milliards de livres (13,5 milliards d'euros).

Dans le même temps, la balance des services, appuyée par les puissants services financiers britanniques, a légèrement augmenté son excédent, à 8,8 milliards de livres (10 milliards d'euros).

Au final, le déficit de la balance des biens et services s'est aggravé de près d'un milliard de livres, à 3,1 milliards de livres (3,5 milliards d'euros).

L'ONS a relevé par ailleurs que les prix des biens exportés et importés avaient reculé chacun de quelque 1% en mai sur un mois, du fait d'une certaine vigueur de la livre sterling. Mais sur un an, ces prix restent en augmentation d'environ 8%.

L'Office estime que la livre sterling valait en moyenne 9,1% de moins en mai 2017 par rapport au même mois de l'année précédente. La monnaie britannique a été massivement vendue par les cambistes qui anticipent des difficultés économiques pour le Royaume-Uni à cause du Brexit. (awp)


 

 
 



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