Theresa May veut retourner discuter à Bruxelles

mardi, 22.01.2019

La Première ministre britannique Theresa May veut retourner à Bruxelles pour négocier de nouveau l'accord sur le Brexit.

Theresa May a répété son refus d'organiser un second référendum ou de repousser la date du Brexit. (Keystone)

Theresa May a annoncé lundi qu'elle allait retourner discuter avec Bruxelles pour sauver son accord de Brexit rejeté par les députés. La Première ministre britannique a répété son refus d'organiser un second référendum ou de repousser la date du Brexit

"Je vais continuer à m'entretenir avec mes collègues cette semaine - dont le DUP (parti nord-irlandais, ndlr)" sur la question du "filet de sécurité" censé empêcher le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande, a déclaré la cheffe du gouvernement devant la Chambre des communes. "Et je présenterai les conclusions de ces discussions à l'UE", a ajouté la dirigeante conservatrice.

Ce dispositif, critiqué dans la majorité comme dans l'opposition, prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE, avec en sus, pour la province britannique d'Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes. Il n'entrerait en vigueur qu'à défaut d'autre solution à l'issue d'une période de transition.

Malgré les attentes, Theresa May s'est pour le reste contentée d'annoncer un changement de méthode, un gouvernement "plus ouvert et plus inclusif dans la manière d'associer le Parlement", et le maintien des "protections les plus fortes possibles" relatives aux droits des travailleurs et à l'environnement après la sortie de l'Union européenne.

Surtout, elle a répété son refus d'organiser un second référendum ou de repousser la date du Brexit, toujours fixée au 29 mars. Elle a par contre maintenu sur la table le scénario d'un "no deal", que l'opposition lui demande d'abandonner.

"Déni total"

Ces déclarations ont été accueillies avec colère par les bancs de l'opposition. Elle a jugé que Mme May n'avait pas pris la mesure de son échec de mardi dernier, quand son accord de divorce négocié avec Bruxelles avait été écarté par 432 voix contre 202, soit la plus écrasante défaite enregistrée par un gouvernement dans l'histoire du Parlement britannique.

"La Première ministre est dans un déni total", a taclé le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui a réclamé, sans succès, qu'elle explicite les "concessions" qu'elle souhaite obtenir des dirigeants de l'UE. Ces derniers ont répété lundi qu'ils refusaient de rouvrir les négociations.

"La garantie du filet de sécurité (appelé "backstop" en anglais: ndlr) a été convenue avec le gouvernement britannique, et je pense que c'est le meilleur accord possible à l'heure actuelle", a déclaré le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, à la chaîne irlandaise RTE.

Ouverture polonaise

Plusieurs ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, ont abondé: "Pourquoi (renégocier)? Vous voulez que l'UE soit un plus grand perdant que le Royaume-Uni?", a estimé le Slovaque Miroslav Lajcak.

Seul le ministre polonais des Affaires étrangères Jacek Czaputowicz a semblé se désolidariser de la position des 27, suggérant de limiter le "filet de sécurité" à cinq ans, dans un entretien avec le quotidien polonais Rzeczpospolita.

"Ce serait évidemment moins favorable pour l'Irlande mais bien plus avantageux qu'un Brexit sans accord", a-t-il plaidé. Theresa May a immédiatement rebondi sur cette déclaration, se déclarant "impatiente de l'explorer plus en détail". Mais le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, l'a lui immédiatement écartée.

"C'était probablement une tentative d'aider. La Pologne a plus de citoyens au Royaume-Uni que n'importe quel autre Etat membre, plus que l'Irlande même. Mais je ne pense pas que son intervention reflète la pensée de l'UE", a-t-il souligné de Bruxelles, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

"Incertitude négative"

A Davos (Suisse), la cheffe économiste du FMI Gita Gopinath a demandé aux dirigeants britannique de "mettre rapidement un terme à cette incertitude", soulignant que "les effets négatifs de cette incertitude sur les investissements britanniques" se faisaient déjà sentir. (ats)






 
 

AGEFI



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