La place genevoise reste le moteur de Rothschild Bank

mercredi, 31.10.2018

Rothschild Bank a connu une progression de 15% des actifs sous gestion à Genève depuis début 2018.

La Cité de Calvin étant davantage orientée gestion de fortune, principal moteur de Rothschild Bank, les affaires y ont mieux prospéré qu'à Zurich.

La banque privée Rothschild Bank peut encore et toujours compter sur son bureau genevois pour doper sa croissance. Sur les bords du Léman, l'établissement a connu une progression de 15% des actifs sous gestion depuis le début de l'année, indique à AWP Laurent Gagnebin, directeur de la filiale helvétique du groupe bancaire français Rothschild & Co.

"Depuis 2012, nous avons quintuplé par la taille les assets à Genève", a précisé le responsable, en place depuis juin 2016. La Cité de Calvin étant davantage orientée gestion de fortune, principal moteur de Rothschild Bank, les affaires y ont mieux prospéré qu'à Zurich.

La taille modeste de l'établissement il y a encore quelques années a permis une croissance soutenue. "C'est toujours plus facile de grandir au début", souligne M. Gagnebin, pour qui telle cadence ne peut toutefois pas être maintenue indéfiniment.

Fort de sa culture francophone et d'une équipe soudée, Rothschild Bank a développé ses affaires dans un secteur bancaire en pleine phase de consolidation, selon le directeur général. "Nous sommes un îlot sur la place financière genevoise."

Pour Laurent Gagnebin, des banques vont encore disparaître ou fusionner à Genève. Le banquier pose un regard critique sur la place financière locale, qui s'est "endormie sur ses lauriers" à l'époque du secret bancaire. "Il faut que les gens travaillent plus, amènent de la valeur ajoutée, réduisent leurs frais afin de que les clients y trouvent leur compte."

Genève "doit se bouger", investir dans la formation, dans la technologie, les transports et les infrastructures afin d'assurer la pérennité de sa place financière, considère le banquier.

Collecte supérieure au marché

A fin septembre, Rothschild Bank affichait une masse sous gestion de quelque 27 milliards de francs, en comptant les transactions anglaises passant par la plateforme suisse. Les volumes dépassaient 15 milliards pour les activités exclusivement helvétiques. A fin 2017, ces montants étaient respectivement de 25,5 milliards et 14,2 milliards.

La hausse des actifs s'explique principalement par les apports d'argent. Malgré les turbulences depuis le début de l'année, la performance des marchés a contribué positivement à l'augmentation de la masse.

Sur les neuf premiers mois de l'année, la collecte s'est révélée positive et supérieure à la "moyenne du marché". Près de 40% des actifs proviennent de Suisse. L'Europe, l'Amérique Latine, puis Israël et l'Asie sont les autres marchés d'importance pour la banque.

L'établissement publie le détail de ses résultats uniquement lors du bouclement annuel.

Le directeur général n'a pas voulu se prononcer sur les relations entre le groupe Rothschild & Co et le genevois Edmond de Rothschild, société appartenant à la branche cadette de la famille. Après trois ans de litige et une procédure en justice, les deux banques sont parvenues en juin dernier à un accord pour l'utilisation du patronyme familial dans les affaires.

Basé à Zurich, Rothschild Bank dispose principalement d'activités de gestion de fortune et d'actifs. Depuis août 2017, l'établissement développe une offre de banque d'affaires reposant sur l'expérience du groupe dans les fusions et acquisitions.

La filiale emploie 300 personnes, sur un effectif total de 3500 personnes pour Rothschild & Co. Le nombre de conseillers à la clientèle en Suisse a augmenté de 30% ces quatre dernières années. Depuis le début de l'année, l'entité helvétique a renforcé l'équipe de gérants des fonds "advisory" (+20%). (ats)






 
 

AGEFI



...