Une alternative aux actions existe avec les obligations convertibles

mardi, 04.02.2020

La performance des actions en 2019 pose un dilemme aux investisseurs: doivent-ils rester investis ou renforcer leur exposition, malgré les sommets atteints par les marchés ou sécuriser des bénéfices? Les obligations convertibles peuvent être une solution pour résoudre habilement ce problème.

Stephanie Zwick*

Stephanie Zwick

L’année qui vient de s’écouler a été exceptionnelle à de multiples égards. Les investisseurs ont bénéficié de gains que presque personne n’espérait début 2019.

Mais cette euphorie laisse place à l’incertitude: quel potentiel haussier reste-t-il avant que le troupeau des investisseurs ne prenne la fuite? Une réallocation hâtive aux liquidités risquerait de faire plus de mal que de bien, car aucun signe n’annonce encore de récession pour l’instant. Au contraire: les mesures de politique monétaire accommodantes des banques centrales ont éliminé le plancher récent de la croissance et posé les bases d’un nouveau rebond.

Selon Fisch Asset Management, le redressement des marchés actions devrait se prolonger un certain temps. Néanmoins, les investisseurs ont tout intérêt à se préparer à beaucoup plus de volatilité, en raison de fluctuations plus fréquentes et plus prononcées du sentiment. 

«Market timing automatique» intégré

Dans ce contexte, les obligations convertibles sont intéressantes. A mi-chemin entre actions et obligations, l’analyse de leurs propriétés et caractéristiques prend un peu de temps, mais celui-ci est tout sauf perdu. Les obligations convertibles pourraient être comparées à des mules (le croisement entre un âne et une jument), qui sont aussi des hybrides ayant conservé les meilleures caractéristiques des deux espèces. Ainsi, la mule n’est pas un animal aussi farouche que le cheval. De la même façon, par rapport aux actions, les obligations convertibles sont nettement moins «craintives», avec des pertes en période de marché baissier globalement inférieures de moitié à celles des actions. 

Le market timing

automatique

Plus précisément, au cours des 25 dernières années, les obligations convertibles mondiales (mesurées par l’indice Thomson Reuters Global Vanilla CB) ont limité leurs pertes à 49% de celles des actions (indice MSCI World) en termes de mois de performance négative. C’est grâce à ce que l’on appelle le «market timing automatique». En vertu de celui-ci, pendant les phases de marché baissier, les obligations convertibles ont toujours tendance à avoir un comportement plus proche de celui des obligations à mesure qu’elles s’approchent du «plancher obligataire», qui correspond à la somme de la valeur de remboursement du titre et des paiements d’intérêts dus.

Sur un marché haussier, les obligations convertibles adoptent exactement l’attitude contraire: plus elles s’éloignent du plancher obligataire, plus elles se comportent comme des actions. Ainsi, l’indice des obligations convertibles a participé à 65% des gains des actions au cours des 25 dernières années. Ce profil asymétrique permet aux obligations convertibles de profiter des marchés haussiers des actions, d’amortir les corrections et d’offrir une plus grande stabilité que des portefeuilles composés uniquement d’actions. Cette «sûreté du pas» (pour rester dans l’analogie avec la mule) est une caractéristique unique dans l’univers d’investissement.

Cette asymétrie favorise une volatilité moindre

Sans surprise, cette asymétrie favorise une nette diminution de la volatilité. En 25 ans, les fluctuations des obligations convertibles ont représenté 9,6% par an, contre 14,7% pour les actions.

Pour autant, cette «nature avantageuse» ne se paye justement pas par des performances plus basses. Au contraire, sur la même période, les obligations convertibles ont même légèrement surperformé les actions (7,2% par an contre 7,0%, en dollar américain, au 31 décembre 2019). 

Intéressant pour compléter une portefeuille obligataire

Il serait toutefois réducteur de considérer les obligations convertibles simplement comme un complément utile ou un substitut d’investissements en actions. Dans le contexte actuel de taux faibles persistants, les investisseurs obligataires sont précisément en quête de sources de rendement supplémentaires. La classe d’actifs offre ici des possibilités intéressantes pour compléter un portefeuille obligataire classique, grâce à un autre avantage des obligations convertibles: leur sensibilité limitée aux hausses de taux d’intérêt malgré la présence de la composante obligataire.

Rendements positifs depuis 1998

L’analyse des périodes passées démontre qu’au cours des douze phases haussières des taux souverains américains qui se sont produites depuis 1998, les obligations convertibles ont toujours affiché des rendements positifs. D’une part, ces titres réagissent donc assez peu aux variations des taux d’intérêt, grâce à leur duration inférieure à celle des obligations d’entreprises classiques; et d’autre part, les phases de hausse des taux s’accompagnent souvent d’une appréciation supplémentaire des prix des actions. 

Le meilleur des deux mondes

Dans les environnements exigeants, la prudence et la sûreté du pas sont indispensables: ainsi, tout comme la mule domine sur les terrains difficiles, les obligations convertibles marquent des points dans le contexte actuel, grâce aux mêmes caractéristiques. Cela vaut donc la peine de s’intéresser aux titres hybrides afin de profiter du meilleur des deux mondes.

* Responsable Obligations convertibles, Fisch Asset Management






 
 

AGEFI




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