Moins de femmes et d'étrangers dans les directions d'entreprise

mercredi, 07.03.2018

La part de femmes dans les directions des principales firmes suisses a reculé en 2018. Après une hausse prometteuse l'an passé, elle tombe de 8% à 7%, selon le rapport Schilling. Les managers étrangers sont eux aussi moins nombreux.

Les nouveaux membres au sein des directions des principaux employeurs du pays ne comptent que 8% de femmes.

L'économie privée a encore du pain sur la planche en matière de diversité des genres. Les nouveaux membres au sein des directions des principaux employeurs du pays ne comptent que 8% de femmes, un retour en arrière sévère après le pic de l'an passé (21%), révèle le rapport publié mercredi par le spécialiste du recrutement de cadres Guido Schilling.

Depuis l'édition précédente du rapport, 11 patronnes ont quitté leur poste, seulement 9 ont été nommées. Près de trois entreprises analysées sur cinq n'emploient aucune femme aux postes de direction. Parmi celles qui atteignent le haut de la hiérarchie, 22% y parviennent par promotion interne, contre 67% pour les hommes.

Pour Guido Schilling, l'économie ferait bien de prendre exemple sur le secteur public. Ici, les femmes représentent 16% des cadres supérieurs en 2018, après 14% l'an dernier. Parmi les nouvelles recrues, 27% sont des femmes. L'explication, selon le rapport, réside dans les modèles et réglementations de temps de travail plus adaptés pour concilier famille et carrière.

Les progrès sont en revanche visibles du côté des conseils d'administration. Parmi les nouveaux membres, 25% sont des femmes, ce qui augmente la présence féminine globale de 17% à 19%. Or, pour répondre aux exigences des milieux politiques, à savoir 30% en 2022, cette proportion doit augmenter d'au moins trois points de pourcentage par an, selon l'auteur du rapport.

La comparaison entre l'Allemagne et la Suisse montre que le quota féminin outre-Rhin, en vigueur depuis 2016, est efficace. Parmi les valeurs vedettes allemandes, le taux de femmes administratrices est passé de 30% en 2017 à 32%, celui des directrices de 10% à 13%. En Suisse, parmi les sociétés du SMI, la proportion monte de 21% à 23% au niveau des organes de surveillance, et de 8% à 9% au niveau des directoires.

Moins d'allemands et d'américains

Dans le secteur privé en Suisse, les étrangers sont également un peu moins nombreux aux postes clés. Actuellement, 44% des membres de direction détiennent un passeport étranger, contre 45% l'an dernier. La part d'étrangers parmi les nouveaux membres a dégringolé de 64% à 38%.

Le recul touche en particulier deux nationalités, montées en puissance l'année dernière. Les Allemands (14 arrivées et 19 départs) et les Américains (2 arrivées et 10 départs) sont au total 13 de moins à siéger à la direction.

Le rapport Schilling 2018 couvre les 118 plus grands employeurs de Suisse, ainsi que la Confédération et les 26 cantons. L'étude inclut 882 membres de direction, 816 membres de conseils d'administration et 1034 cadres supérieurs du secteur public.(ats)






 
 

AGEFI




...