Le coronavirus dope la spéculation autour de l’or

jeudi, 30.04.2020

La pandémie de Covid-19 attise la demande en or, valeur refuge par excellence.

Le cours de l'or évolue au-dessus des 1700 dollars l'once depuis le mois d'avril. (Pixabay)

La crise sanitaire et économique a alimenté la spéculation financière sur l'or au premier trimestre et encouragé dans une moindre mesure la demande en pièces, le métal précieux profitant de son statut de valeur refuge. Les titres financiers cotés (ETF) indexés sur le cours du métal précieux ont attiré "d'énormes flux" au premier trimestre 2020 selon un rapport du Conseil mondial de l'or (CMO) publié jeudi, pour atteindre leur sommet depuis quatre ans à 298,0 tonnes. "Cette hausse, très impressionnante, est encouragée par l'incertitude et la forte volatilité sur les marchés financiers", constate le porte-parole du CMO John Mulligan.

Le cours de l'or évolue au-dessus des 1700 dollars l'once depuis le mois d'avril. Hormis une brève incursion en mars, ce seuil n'avait pas été franchi depuis la fin d'année 2012. Cette "performance" attire les investisseurs qui voient dans le même temps d'autres classes d'actifs, comme nombre d'actions boursières, s'effondrer.

La demande en pièces d'or a, elle aussi, fortement augmenté à un plus haut en trois ans, de 36% à 76,9 tonnes, stimulée notamment par des "investisseurs occidentaux en quête de valeurs refuge", précise l'étude.Tous segments pris en compte, la demande totale en or a légèrement progressé de 1% pour atteindre 1.083,8 tonnes.

Bijoux à genoux

Grande perdante de la pandémie de Covid-19, la demande provenant de l'industrie joaillière a fortement diminué, de 39% en glissement annuel, pour atteindre un plus bas en plus de 13 ans, selon le rapport. "Ce n'est pas une surprise compte tenu du contexte en Asie, habituellement très porteur sur ce secteur" mais durement touchée par la crise sanitaire entre janvier et mars, ajoute M. Mulligan. La demande de joaillerie en Chine, berceau de la pandémie, plonge d'ailleurs nettement de 65%, et celle en Inde de 41%. Ces deux pays représentent historiquement la moitié de ce segment de marché. La demande industrielle a également marqué le pas dans une moindre mesure, avec une baisse en volume de 8% par rapport au premier trimestre 2019.

Les Banques centrales, en première ligne depuis plusieurs semaines pour défendre leurs monnaies, ont continué à acheter de l'or "en quantité significative", mais à un rythme moindre que l'an dernier à la même époque, ajoute l'étude. La pandémie de Covid-19 a aussi affecté l'extraction minière, qui n'a pas été exempte d'une baisse d'activité voire de fermetures ponctuelles dans certains pays producteurs. Le recul de l'offre en métal jaune, de l'ordre de 4% sur un an, traduit cette situation exceptionnelle. (AWP/AFP)

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AGEFI



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