Schumpeter à l’œuvre, puissance dix

mardi, 18.08.2020

La pandémie de coronavirus amplifie la «destruction créatrice» chère à l'économiste autrichien Joseph Schumpeter. Notre éditorial.

Frédéric Lelièvre

Que ceux effrayés par cette situation se rappellent cette autre citation de Schumpeter: «Nous planifions toujours trop et ne voyons jamais assez grand.»

«La pandémie ne transformera peut-être pas complètement le monde, mais elle est susceptible d'accélérer de nombreux changements.» Ainsi écrivent Klaus Schwab et Thierry Malleret dans «Covid-19: la grande remise à zéro». Publié au début de l’été, cet essai passionnant tente une première analyse des conséquences de la pandémie qui secoue le monde depuis le début de l’année.
Le fondateur du Forum économique mondial et l’auteur du Monthly barometer pointent notamment le retrait partiel de la mondialisation et le découplage grandissant entre l’économie américaine et celle de la Chine. Ils alertent sur les changements majeurs qui sont aussi à l’œuvre à l’échelle des entreprises.
Comme les résultats publiés depuis quelques semaines leur donnent raison. Les restructurations se succèdent dans nombre de secteurs. Il suffit de regarder l’automobile (Komax), la distribution (Manor), ou le transport (Swiss) pour comprendre combien le Covid-19 amplifie des changements qui avaient déjà commencé avant la crise sanitaire. L’avenir des voitures est électrique, celui du commerce sur internet, et sans émission de carbone pour l’aérien.
De manière tout aussi spectaculaire, nombre de secteurs prospèrent. Dans la pharma, Lonza, bien placée pour produire le futur vaccin, en est l’archétype. Les banques ont elles aussi bien traversé la crise et accéléré encore leur basculement vers la finance durable.
Au final, la pandémie produit ce que l’économiste autrichien Joseph Schumpeter appelait la «destruction créatrice», mais puissance dix vu la brutalité de la crise. Ce ne sont pas seulement les entreprises les plus innovantes qui réussiront, mais aussi les plus agiles face à la crise sanitaire. Personne ne peut rester dans sa zone de confort, parce qu’il n’en existe plus. Que ceux effrayés par cette situation se rappellent cette autre citation de Schumpeter: «Nous planifions toujours trop et ne voyons jamais assez grand.»






 
 

AGEFI



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