ELCA fête aujourd’hui ses 50 ans!

lundi, 27.08.2018

La nouvelle révolution du numérique est en marche, comment une entreprise romande de services informatiques peut-elle se profiler ?Interview avec Cédric Moret, CEO d’ELCA.

Xavier Comtesse*

Dans le futur immédiat …quels sont les principaux challenges ?

Au niveau du pays, je pense que notre capacité à faire évoluer suffisamment vite nos conditions cadres technologiques est un vrai challenge. Je pense par exemple au besoin de permettre l’éclosion de clusters technologiques, à un peu plus de flexibilité sur les permis d’établissement pour les compétences très pointues ou encore aux mesures de renforcement de notre souveraineté numérique.Nombre de nos clients aujourd’hui font face à des décisions technologiques majeures qui vont avoir un impact très important sur la capacité de garder des positions de leader sur leurs marchés. Ils ont besoin plus que jamais de fournisseurs capables d’allier une très forte connaissance de leur métier et une synthèse des opportunités technologiques.Un de nos challenges les plus importants actuellement, c’est de pouvoir engager suffisamment de collaborateurs qui correspondent à ces exigences. Notre devise est « we make it work », nous cherchons donc des compétences technologiques pointues, mais aussi la capacité de comprendre le besoin du client et de le transcrire en besoins technologiques en temps, coûts et qualité.

Big Data, IoT, IA vont être des technologies qui changent profondément les entreprises. Comment voyez-vous cela ? 

Plus que jamais la loi de Amara est à l’œuvre dans tous ces domaines. Roy Amara disait qu’on a tendance à surestimer l’effet d’une technologie à court terme et de sous-estimer son impact à long terme.Nous avons la chance de travailler sur des applications très concrètes de ces nouvelles technologies que ce soit de la billetterie blockchain, des applications de réalité virtuelle pour aider à la localisation des conduites de gaz, de la maintenance préventive IOT dans les trams ou encore des chatbots bancaires.On commence à comprendre le bénéfice et les limites de ces technologies mais leur impact sera bien plus grand dans quelques années. L’impact à long terme de l’intelligence artificielle sera probablement plus grand que n’importe quelle autre révolution technologique. 

Les « Data Scientist » vont être les architectes de cette transformation…vous en avez combien qui travaille pour vous ou vos clients ?

Nous en avons beaucoup … mais pas assez.  Tout le monde dit que l’on est submergé de données mais ces données sont souvent inutiles ou peu pertinentes. Il faut alors toute l’expertise d’un Data Scientist pour en révéler l’essence même et la transformer en information pertinente. Cela requière de fortes compétences en mathématique, en statistique, en programmation, en algorithmes, en compréhension du mécanisme du langage naturel ou de l’imagerie et demande également un certain niveau abstraction pour imaginer et concevoir ce qui n’existe pas encore.La grande difficulté pour une société comme ELCA est donc de former de tels talents, C’est pourquoi nous investissons de plus en plus en formation et en R&D

ELCA fêtera-t-elle ses 100 ans d’existence ?

Je l’espère.  J’aimerai que dans 50 ans il existe encore une entreprise IT indépendante suisse, capable d’utiliser les technologies les plus avancées pour résoudre les problématiques les plus complexes de nos entreprises et d’offrir des opportunités passionnantes en Suisse aux talents de ce pays. Et je souhaite que cette société s’appelle toujours ELCA.

** Mathématicien, digital shaper.






 
 

AGEFI



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