La livre se prend au rebond

lundi, 25.11.2019

La monnaie britannique reste encore sous-évaluée et s’échange en dessous des niveaux précédant la votation sur le Brexit. Le potentiel de redressement reste donc important. Dans un contexte où l’économie a résisté aux incertitudes.

Daniel Varela*

Les élections anticipées approchent à grands pas outre-Manche. Dans moins d’un mois, on connaîtra la composition de la chambre des communes du Royaume-Uni pour les cinq prochaines années. Dans moins d’un mois, on saura surtout si le premier ministre Boris Johnson a obtenu une majorité suffisante pour valider l’accord négocié avec l’Union européenne. Les derniers sondages ont de quoi le conforter. Ils placent en effet les conservateurs en tête des intentions de vote avec près de 40% d’opinions favorables.

Ce chiffre ne cesse d’ailleurs de progresser depuis quelques semaines. Les conservateurs semblent d’ailleurs profiter de la désaffection de la population pour le parti du Brexit de Nigel Farage qui tombe en-dessous de 10% alors qu’il culminait à plus de 20% en milieu d’été. Les plus fervents défenseurs d’un Brexit dur semblent finalement se ranger derrière le plan de sortie ordonnée de l’Union européenne proposé par le premier ministre. Mais Boris Johnson doit sans doute observer avec inquiétude le réveil récent des travaillistes dans les sondages.

Avec 30% des intentions de vote, le parti de Jeremy Corbyn reste à l’affût au cas où Boris Johnson n’arrive pas à atteindre la majorité absolue. Au gré d’alliances avec des partis modérés, Jeremy Corbyn garde toujours l’espoir de rafler le poste de premier ministre et de renvoyer le projet de Brexit aux calendes grecques. D’où ces derniers jours, une nouvelle salve de promesses électorales de la part de Boris Johnson en vue de consolider son avance. On parle notamment de concessions en matière de dépenses gouvernementales et de rabais d’impôts.

Ce qui semble de plus en plus improbable, c’est le scénario d’une sortie sans accord au 31 janvier 2020. Le recul de ce risque a beaucoup profité à la livre sterling durant les dernières semaines. Depuis mi-août, le rebond atteint environ 10% contre euro et franc suisse. Mais la monnaie britannique reste encore sous-évaluée et s’échange très en-dessous des niveaux précédant la votation sur le Brexit en juin 2016. Le potentiel de redressement de la monnaie britannique reste donc important dans un contexte où l’économie du Royaume-Uni a finalement bien résisté aux incertitudes du Brexit. Il suffirait donc d’une majorité claire à l’issue de ces élections du 12 décembre et d’un gouvernement stable qui ne risque pas un vote de défiance au détour du moindre débat pour pouvoir envisager un retour définitif de la livre parmi l’élite des monnaies fortes.

*Chief Investment Officer Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI




...