Grève suspendue à l'ats

vendredi, 02.02.2018

La grève à l'ats a été suspendue vendredi, au 4e jour d'un mouvement sans précédent dans la presse suisse ces dernières années. Des négociations vont débuter mi-février entre le conseil d'administration et le personnel, qui conteste l'ampleur de la restructuration.

La Confédération peut apporter un soutien limité à l'agence via la loi sur les langues, indique Doris Leuthard.(keystone)

La rédaction de l'ats qui s'est réunie vendredi en assemblée, a repris le travail à 16h00, après avoir rejoint en cortège la centrale de l'ats, située près de la gare à Berne.

"La grève n'est pas terminée, elle est suspendue", a écrit le syndicat impressum dans un communiqué. La rédaction se réserve le droit de poursuivre le mouvement. Elle le reprendra si le conseil d'administration n'entre pas en matière "de manière satisfaisante" sur ses revendications.

La reprise du travail a été votée à une grande majorité de l'assemblée, composée de la presque totalité des rédactrices et des rédacteurs, selon le communiqué. La grève avait débuté mardi matin à 06h30.

Une rencontre a eu lieu jeudi entre une délégation de la Commission de rédaction (CoRé) et une délégation du conseil d'administration, composée du président Hans Heinrich Coninx, du vice-président Hanspeter Lebrument, de Matthias Hagemann ainsi que du CEO Markus Schwab.

Discussions "respectueuses et constructives"

Lors de cette réunion qui s'est déroulée dans une ambiance "respectueuse et constructive" selon les représentants du personnel, le conseil d'administration s'est dit prêt à entamer des négociations ces prochaines semaines avec la rédaction et les syndicats sur différents points. Il a néanmoins demandé que la grève s'arrête durant ces négociations.

La rédaction salue l'offre de négociation du conseil d'administration, mais souligne que "la lutte n'est pas terminée, les principales exigences n'étant pas atteintes". Parmi elles figure la suspension des résiliations.

Le conseil d'administration a précisé qu'une première ronde de négociations aura lieu le 13 février. Dans un communiqué, il a précisé que la séance de jeudi avait permis de dresser un état des lieux de l'orientation future de l'agence. Les deux parties ont pu formuler leurs attentes et se sont mises d'accord pour entamer des négociations afin de clarifier des points ouverts.

Pertes "structurelles"

La rédaction conteste l'ampleur et la rapidité de l'annonce des coupes (environ 36 postes sur un total de 150 équivalents plein temps dans la rédaction).

Cette semaine, le personnel a exigé une suspension des résiliations tant qu'une stratégie "solide et responsable" pour l'agence n'est pas présentée, ainsi que des "négociations sérieuses" avec la direction et le conseil d'administration et, le cas échéant, une amélioration du plan social pour les employés touchés par la restructuration, en particulier les plus âgés.

L'agence a annoncé des pertes de recettes de 3,1 millions de francs pour l'année 2018. Celles-ci s'ajoutent à une perte de 1 million pour 2017. En cause, une baisse des tarifs et l'abandon de certains services par les clients. Pour la direction, ces pertes sont structurelles et rendent la restructuration inévitable.

Appel de Doris Leuthard

Alors que plusieurs gouvernements et parlements cantonaux ainsi que des partis et politiciens de tous bords s'inquiètent de l'avenir de l'ats, la ministre de la communication Doris Leuthard appelle les propriétaires privés de l'agence de presse nationale à résoudre la crise traversée par cette dernière. Dans une interview vendredi à l'Aargauer Zeitung et la Südostschweiz, elle relativise l'importance de l'aide qui pourrait être apportée par la Confédération.

L'agence joue néanmoins un rôle très important pour la diversité des médias en Suisse, précise la conseillère fédérale. La Confédération peut apporter un soutien limité via la loi sur les langues, et l'agence pourrait obtenir à l'avenir une aide (dans le cadre de redevance radio-tv) pour sa contribution à la fabrication de contenus audiovisuels par les radios et télévisions locales.

Il n'empêche que pour la cheffe du Département fédéral de la communication (DETEC), le marché des médias ne fonctionne que de manière très limitée. "L'aide indirecte à la presse contribue jusqu'à un certain point au maintien de la diversité de la presse. Mais les défis pour les éditeurs dans le domaine online sont énormes".


Des éditeurs auxquels la ministre attribue aussi des erreurs, notamment en mettant des contenus à disposition gratuitement sur Internet. Ils ont ainsi habitué de nombreux jeunes à ne pas payer pour être bien informés, alors qu'"une production journalistique ne peut jamais être gratuite", souligne Mme Leuthard.(awp)

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