Baselworld 2020: plateforme physique et numérique

mardi, 26.03.2019

La manifestation veut vivre toute l’année, s’exporter et s’ouvrir aux technologies digitales. Des exposants ont annoncé leur retour. Mais l’édition 2019 est en recul en termes de fréquentation.

Michel Jeannot

Michel Loris-Melikoff. «Nous allons simplifier le système tarifaire. Et nous allons réduire les prix, de 10% à 30% selon les secteurs.»

Baselworld a présenté ce mardi la «Vision 2020+» qu’elle entend mettre en œuvre pour les années à venir, née après avoir écouté les exposants et ceux qui ne le sont pas ou plus. La manifestation veut renforcer son pouvoir d’attraction mondial pour l’horlogerie et la joaillerie et devenir une communauté active toute l’année. Conférences, networking, programmes éducatifs, activations digitales devraient permettre d’élargir le spectre des intéressés. Baselworld songe aussi à s’exporter pour de plus petits événements dans le monde. Enfin, la manifestation ouvrira dès l’an prochain un nouveau secteur dédié à l’innovation et à la transformation digitale. Michel Loris-Melikoff, CEO de Baselworld, détaille cette nouvelle stratégie.

D’abord, un mot sur l’édition qui s’achève?

La fréquentation est en baisse de 22% à 81.200 visiteurs. Mais ce qui m’importe est le niveau d’affaires réalisé par nos exposants. Et selon les retours à ma disposition, beaucoup sont satisfaits du salon qu’ils viennent de réaliser. Côté presse, il y a un recul de 12% du nombre de journalistes mais une croissance de 12% du nombre de retombées médias.

Avec cette « Vision 2020+ », en quoi voulez-vous transformer Baselworld?

Ce qui change, c’est que nous ne nous adressons plus seulement aux détaillants, mais à une communauté. Qui compte non seulement des professionnels, mais aussi des collectionneurs, des clients finaux, des journalistes, des influenceurs. L’autre changement fondamental est que nous allons rendre vivant Baselworld physiquement pendant une semaine – ou plus si présence à l’étranger – et de manière numérique et digitale durant les 52 semaines de l’année.

A Bâle, mais aussi ailleurs dans le monde?

Oui, exactement. Une foule de petites marques pourraient être intéressées à profiter de la force de la marque Baselworld en Chine, à Hong Kong, à Miami ou partout ailleurs dans le monde. Et donc à voyager et à se présenter sous une bannière Baselworld. Voilà l’une des manières par lesquelles nous allons faire vivre et renforcer la marque Baselworld, et proposer de nouveaux services à nos exposants.

On peut donc imaginer des événements locaux, ponctuels?

Absolument. Ces «pop-up events» nous permettent de nous rapprocher de notre communauté ailleurs dans le monde.

L’un des problèmes d’achoppement majeur avec les exposants est la question des prix. Qu’allez-vous faire à ce propos?

Nous allons simplifier le système tarifaire. Et nous allons réduire les prix.

De quel ordre sera cette réduction?

Entre 10% et 30% selon les secteurs.

Par rapport aux dates, si beaucoup saluent l’harmonisation avec le SIHH, certains pensent qu’avril-mai en 2020 est trop tard dans l’année. Que leur dites-vous?

Que nous avons déjà répondu à une première nécessité, celle de l’harmonisation. Et que nous serons à l’écoute de la volonté de nos exposants pour 2021 et plus tard

Quels montants seront investis dans la transformation de Baselworld et comment seront-ils financés?

Nous rester discrets sur les investissements. Mais certains nouveaux services peuvent être financés, comme ils le sont dans nombre d’autres salons. Nous pouvons aussi nous financer grâce au sponsoring, sachant que beaucoup de marques souhaitent s’associer à l’industrie que nous représentons. Toutes les manifestations le font, sauf nous jusqu’ici !

Quels seront les premiers changements concrets?

Ils seront nombreux, mais citons des conférences ou événements pour des collectionneurs tels qu’ils existent pour Basel Miami, des services particuliers pour les détaillants, une e-conciergerie, une réorganisation des halles 2 et 3. Dans ce contexte, nous annonçons la création d’un nouveau grand secteur dédié aux innovations digitales.

Que sera ce nouveau secteur?

Ce secteur – de 3000 à 5000 m2 – est dédié aux compagnies et aux start-up actives dans la montre connectée, le digital ou encore le chronométrage. Cela devrait nous permettre de prendre en compte un segment de marché en croissance et d’intéresser une clientèle potentiellement plus jeune que celle que nous avons aujourd’hui.

Qui espérez-vous attirer? Avez-vous déjà des noms?

Oui, j’ai déjà des noms que je ne peux dévoiler. Mais il y a plusieurs sociétés qui se sont d’emblée montrées très intéressées par cette initiative.

Vous attendez-vous à de nouvelles arrivées dans les secteurs horlogerie et joaillerie?

Oui, une marque qui nous avait quitté récemment a pris la décision de revenir. D’autres absents cette année ont exprimé leur souhait de rejoindre Baselworld en 2020. Et nous avons des demandes d’extension de certains stands. Autant de signes encourageants.






 
 

AGEFI



...