Motion Pilot vous permet de guider un drone comme si vous étiez à son bord

mercredi, 16.05.2018

La manette immersive conçue par la start-up lausannoise recrée les sensations de vols dans la paume de la main du pilote grâce à des stimuli tactiles.

Sophie Marenne

Timothée Peter, Benjamin Bonnal et Arthur Gay. Le projet des étudiants a notamment remporté le concours Baby Entrepreneurs Challenge l’année dernière.

Adieu télécommandes complexes aux multiples boutons et joysticks non-intuitifs. La start-up Motion Pilot, née à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), signe une petite révolution dans l’univers des drones: elle a mis au point une manette ergonomique de pilotage avec retours sensitifs. Ainsi, l’utilisateur au sol perçoit l’environnement de vol directement dans sa paume et contrôle son engin volant par les mouvements de sa main. L’invention rend le pilotage bien plus simple et agréable qu’à l’accoutumée, à la portée des novices.

Prochaines étapes: industrialisation et financement  

Sous forme de prototype aux mains de cinq bêta-testeurs à l’heure actuelle, Motion Pilot espère pouvoir rendre son produit disponible à la vente dès 2019. «Dans les prochains mois, le nombre de bêta-testeurs passera à 25. Ensuite, nous travaillerons principalement sur l’industrialisation de la manette ainsi que sur une levée de fonds pour être capable de lancer la production», déclare Timothée Peter, CEO et co-fondateur de la jeune entreprise.

S’en prendre plein les yeux

Au-delà de cette télécommande novatrice, la start-up propose une expérience immersive complète. «A la réception du produit, en deux minutes à peine, vous pouvez déjà vous envoler vers une première aventure. Notre pack comprend manette, drone, un chargeur et deux batteries, mais aussi un casque», annonce Timothée Peter. Une caméra placée sur l’engin retransmet en direct la vidéo de vol dans les lunettes de vision. «Ainsi, vous dirigez votre appareil depuis sa perspective, ce qui donne l’impression d’être assis dessus. Le pilotage en first-person view (FPV) est une pratique qui existe depuis relativement longtemps dans l’univers des drones, mais uniquement avec des télécommandes classiques à deux joysticks. Nous bouleversons cette expérience grâce à notre mannette. De plus, nous fournissons tous les éléments, opérationnels dès leur sortie de l’emballage. Vous n’avez pas besoin de courir les magasins pour rassembler les pièces utiles à une vision en FPV.»

D’un passe-temps à une start-up prometteuse

Passionné de modélisme depuis son enfance, Timothée Peter faisait déjà voler de petits avions télécommandés avant l’émergence des appareils volants autonomes. «A force de piloter des drones, je me suis rendu compte que leurs télécommandes sont difficiles à utiliser, peu intuitives et pas du tout amusantes.» Convaincu qu’il est possible de développer un outil plus agréable, il imagine alors le principe du contrôle par le mouvement de la main. Il partage son idée avec quelques amis de l’EPFL et celle-ci prend de l’ampleur. «Au départ, nous développions le concept pour nous divertir. Nos connaissances ont testé nos premiers prototypes et y ont directement vu un intérêt.» Les quatre étudiants co-fondateurs poursuivent leurs expérimentations et travaillent sur le projet durant deux années. «Nous le faisions à côté de nos études, cela n’a donc pas été très rapide, mais cela nous a menés là où nous sommes aujourd’hui». L’équipe vient de s’agrandir: la start-up a récemment engagé un employé à plein temps pour gérer le marketing. «Nous ciblons les individus intéressés par les technologies en général mais également un public plus large. Le rêve de vivre une expérience de vol touche un public immense, notamment dans le cadre d’une activité en famille ou entre amis. Notre premier marché sera celui de la Suisse. Nous nous tournerons ensuite vers l’Europe, puis au-delà, dans les années à venir.»

A l’avenir, l’invention de la manette à retours tactiles pourrait être utilisée dans d’autres applications. «Pour le moment, nous nous focalisons sur les drones car nous avons une grosse valeur ajoutée sur ce marché. Nous aurions d’autres possibilités de développement mais ce n’est pas une priorité».






 
 

AGEFI



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