Budget 2018 excédentaire ou équilibré pour quinze cantons sur 26

jeudi, 05.10.2017

La majorité des cantons prévoient un budget 2018 excédentaire ou équilibré. Pour plusieurs d'entre eux, l'équilibre est dû à des mesures d'économie, passées ou actuelles. Neuchâtel, le Jura et Genève dans le rouge.

Le budget 2018 de la ville de Genève prévoit un déficit de 261,4 millions de francs pour des charges atteignant 8,2 milliards.(Keystone)

La plupart des cantons envisagent un budget 2018 excédentaire ou équilibré. Vaud, Fribourg et le Valais sont légèrement dans les chiffres noirs, Neuchâtel, le Jura et Genève dans le rouge. Pour plusieurs d'entre eux, l'équilibre est dû à des mesures d'économie, passées ou actuelles.

Pour Genève, on pourrait même parler de rouge foncé: le budget 2018 prévoit un déficit de 261,4 millions de francs pour des charges atteignant 8,2 milliards. Selon le ministre des finances Serge Dal Busco, "ce n'est ni réjouissant ni satisfaisant".

Le gouvernement présentera un plan d'assainissement cet automne encore. Dans ce contexte, la contribution des communes sera indispensable, a-t-il souligné. Et de rappeler que Genève est le seul canton francophone contributeur. En 2018, la péréquation financière lui coûtera 300 millions.

Le canton de Neuchâtel table aussi sur un déficit, quoique moins important: 66 millions pour des charges de 2,2 milliards. Le budget intègre déjà des efforts de 44,4 millions, l'Etat cherchant à contenir les charges dans le domaine hospitalier, les soins à domicile, les subsides LAMal et l'aide sociale.

Le Conseil d'Etat a rappelé que le déficit est conforme aux projections présentées en 2016 avec le deuxième volet du programme d'assainissement. Il a tenu ses engagements en adoptant toutes les mesures du programme. Le canton s'attend donc à ce que les communes participent aux efforts, après la pause dont elles ont bénéficié en 2017.

Le budget du Jura accuse un déficit de 5,6 millions pour des charges de 934 millions. Le Gouvernement affiche toutefois un optimisme mesuré, en raison des recettes en vue du côté des entreprises et de la BNS. Il a néanmoins rappelé qu'il faut maîtriser les dépenses de l'Etat et que la poursuite des mesures d'économies reste essentielle.

Santé et social

Le Valais et Fribourg escomptent un bénéfice de 200'000 francs, Vaud de 60'300 francs. La Direction des finances fribourgeoise qualifie le budget 2018 de "résolument optimiste".

Dans le canton de Vaud, le ministre des finances Pascal Broulis se réjouit de pouvoir "contenir les politiques publiques, ce que d'autres cantons ne peuvent plus faire". Le budget vaudois prévoit de consacrer 134 millions supplémentaires à l'action sociale.

Président de la Conférence des directeurs des finances (CDF), Charles Juillard a expliqué à l'ats que tous les cantons sont confrontés à une hausse des dépenses dans les domaines de la santé et du social. Ils discutent avec la Confédération sur plusieurs sujets, estimant qu'elle ne leur fournit pas assez de moyens pour remplir les exigences qu'elle leur fixe.

Dans le domaine de l'asile par exemple, le montant et la durée des forfaits versés par la Confédération ne sont pas suffisants pour garantir l'intégration des personnes, qui se retrouvent à la charge des cantons. Pascal Broulis a même dénoncé "un retrait sournois" de Berne.

Outre-Sarine, les cantons qui prévoient les excédents les plus importants sont Bâle-Ville (+138 millions), Berne (+125) et Zurich (+76). A Zurich et Berne, ces budgets excédentaires sont dus à des mesures d'économie.

Après des années dans le rouge, Zoug retrouve les chiffres noirs (+1,7 million), mais en puisant dans ses réserves. Le parlement doit encore se prononcer sur une hausse d'impôts, la première depuis 40 ans.

Les cantons ont bouclé leur budget 2018 dans un climat d'incertitudes liées au Projet fiscal 17 (PF17). En consultation jusqu'en décembre, ce plan - qui a remplacé la 3e réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) refusée par le peuple - devrait entraîner des pertes fiscales supplémentaires pour les cantons.

En compensation, leur part de l'impôt fédéral direct passerait de 17% à 20,5%, et plus 21,2% comme prévu dans la RIE III.

Insuffisant, selon les cantons, qui se battent pour que cette part soit relevée.

"Les cantons sont les principaux acteurs qui garantissent la compétitivité. La Confédération doit apporter sa contribution", dit à l'ats Peter Mischler, secrétaire suppléant de la CDF. D'autant plus que le projet demande aux cantons de mieux partager l'aide reçue avec les communes, renchérit Charles Juillard. D'après lui, le PF17 devrait entrer en vigueur au plus tôt en 2020.(awp)


 

 
 

 
 

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