Les mid-terms aux Etats-Unis et après?

lundi, 12.11.2018

La Maison Blanche devra probablement faire davantage de compromis sur les dépenses publiques: ceci devrait rassurer les craintes liées aux projections de déficit budgétaire.

Olivier de Berranger*

Au regard des résultats des élections américaines de mi-mandat, il est difficile de parler de «vague bleue» (couleur traditionnelle du parti Démocrate). Le camp Démocrate a certes repris la majorité à la Chambre de représentants, comme cela était anticipé, mais le Sénat reste dans l’escarcelle des Républicains qui y gagnent même 2 sièges. L’équilibre des Etats-Unis ressort néanmoins légèrement transformé de ce scrutin, avec des conséquences plus ou moins directes sur les marchés.

D’abord, au cours de la campagne des mid-terms, Donald Trump avait annoncé de nouvelles baisses d’impôts. La prise de pouvoir des Démocrates tue dans l’œuf cette idée qui aurait probablement rencontré des résistances au sein même du camp Républicain. Une telle mesure aurait accru les pressions inflationnistes et justifié des taux plus élevés, avec à la clé des conséquences négatives pour les marchés actions et obligataire. De plus, la Maison Blanche devra probablement faire davantage de compromis sur les dépenses publiques: ceci devrait rassurer les craintes liées aux projections de déficit budgétaire et éviter ainsi une trop forte pression sur les taux longs.

Ensuite, la mise en place d’un vaste programme de dépenses d’infrastructure était l’un des points majeurs du programme du candidat Trump, et ce dernier n’a pas l’intention d’y renoncer. Les Démocrates se montrent beaucoup plus ouverts sur ce­ ­sujet et, sous réserve que le calibrage de ce programme n’entraîne pas de dérapage budgétaire, un compromis semble atteignable. On pourrait ainsi ­assister à une relance de l’investissement, qui favoriserait notamment les secteurs de la construction ou des biens d’équipement. Les entreprises américaines seraient les premières à en bénéficier, mais les entreprises européennes pourraient également en tirer profit.

Reste le sujet diplomatique, et en premier lieu les relations avec la Chine. Jusqu’à présent, Donald Trump a pu mettre en place les nouveaux tarifs douaniers à l’aide d’un décret relatif à la défense des intérêts des Etats-Unis, qui lui a permis de se passer de l’accord du Congrès. Les Démocrates pourraient à présent chercher à faire adopter une loi invalidant ce décret, en comptant sur l’écho que cette initiative pourrait rencontrer au sein du camp Républicain. En effet, certains élus du Grand Old Party sont sensibles aux plaintes des chefs d’entreprises qui s’inquiètent des tensions liées à la guerre commerciale. Cela ne reste cependant qu’une hypothèse. De plus, les mid-terms passés, avec à la clé une défaite finalement modérée, Donald Trump pourrait donner la priorité à la conclusion d’un accord avec la Chine, et laisser un peu de côté la rhétorique électorale.

Enfin, pour les amateurs de chiffres, il reste les statistiques flatteuses des marchés au lendemain des mid-terms. Depuis 1950, les années où se sont tenues les élections de mi-mandat, le S&P 500 a progressé en moyenne de 10,7% depuis son creux d’octobre jusqu’à la fin d’année. A ce jour, il a déjà repris 6% depuis son point bas du 29 octobre. Reste-t-il encore du potentiel pour un rallye de fin d’année?

Zoom sur deux titres

VITROLIFE. Chiffre d’affaires en croissance, approbation de la commercialisation en Chine et aux Etats-Unis de leur produit phare, signature de partenariats… la publication trimestrielle de VITROLIFE, la medtech suédoise spécialisée dans le domaine de la fécondation in vitro (FIV), a été particulièrement riche. A 285 millions de SEK, le chiffre d’affaires du 3e trimestre est en croissance de 15% (7% à taux de change constant). Tous les produits de la gamme contribuent à cette dynamique qui fait progresser la part de marché du groupe. Par région, les ventes progressent de 31% aux Etats-Unis, de 4% en Europe, et restent stables en Asie. A 43%, la marge d’EBITDA ressort bien au-dessus des objectifs de long terme (25% à 30%). VITROLIFE a par ailleurs conçu un produit révolutionnaire, Time Lapse, dont les algorithmes permettent de sélectionner les meilleurs embryons et ainsi d’augmenter les probabilités de succès. Ce produit sera mis sur le marché aux Etats-Unis et en Chine courant 2019, et constitue un relais de croissance significatif pour le groupe. Ce dernier a également annoncé que la commercialisation de son produit phare, l’incubateur EmbryoScope, a été approuvée aux Etats-Unis et en Chine. VITROLIFE a, de plus, profité de cette publication pour annoncer la signature de deux partenariats: l’un avec General Electric HealthCare pour promouvoir l’utilisation des produits du groupe au cours des procédures de FIV, et l’autre avec la société Illumina, spécialisée dans les tests de diagnostics pré-implantation. Avec une génération de liquidités parmi les plus élevées de nos portefeuilles, un business model qui nécessite peu de dépenses d’investissement et de besoin en fonds de roulement, et une transformation de l’EBITDA en liquidités à hauteur de 80%, VITROLIFE dispose d’un profil unique.

ASTRAZENECA. Le groupepublie des résultats du 3e trimestre supérieurs aux attentes avec un chiffre d’affaires en croissance de 9%, en nette accélération par rapport aux trimestres précédents. Le groupe bénéficie d’une croissance forte sur ses franchises cardiovasculaires et en oncologie, notamment grâce aux produits Tagrisso et Imfizi, utilisés pour le traitement du cancer du poumon. A l’inverse, les ventes du Lynparza, un médicament qui traite notamment le cancer des ovaires, ressortent ponctuellement en-deçà des attentes. La marge du groupe atteint 24,7% et dépasse les attentes de 140pb, et le management confirme son objectif de croissance du chiffre d’affaires au titre de l’année 2018. Cette bonne publication vient confirmer l’amorce d’une croissance des ventes, un mouvement porté par les nouvelles franchises en oncologie et qui précède une progression des résultats pour 2019 avec le soutien d’un momentum favorable.

* CIO, La Financière de l’Echiquier






 
 

AGEFI



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