La libre circulation des personnes favorise les entreprises

mardi, 07.07.2020

Marco Taddei*

Marco Taddei

En vigueur depuis juin 2002, l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) suscite toujours craintes et interrogations. 

Des réticences injustifiées au vu des avantages indéniables de l’ouverture du marché du travail, qui profite autant aux entreprises qu’à la population. C’est ce que montre le 16e rapport annuel de l’observatoire de l’accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne, récemment publié par le Seco.

Le rapport de l’Observatoire vient contredire la fable de «l’immigration de masse» entretenue par les eurosceptiques. De 2013 à 2018, l’immigration nette en provenance des États de l’Union européenne a chuté de 55 pourcent. Depuis lors, elle est restée légèrement supérieure à 30’000 personnes.

L’étude confirme que l’immigration européenne vers la Suisse est étroitement liée à la demande de l’économie. 

En d’autres termes, nos entreprises recrutent leur personnel dans les pays de l’Union européenne lorsque leurs besoins en main-d’œuvre ne peuvent être couverts par le personnel autochtone. Un atout certain dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Avec un taux d’emploi de 89 pourcent pour les hommes et de 80 pourcent pour les femmes, les ressortissants de l’Union européenne participent activement au marché du travail helvétique, contribuant ainsi à la prospérité du pays.

Cette immigration ne concurrence pas la main-d’œuvre indigène, mais la complète judicieusement. On ne constate aucun effet d’éviction. Pour preuve: le taux d’emploi des citoyens suisses et des ressortissants de l’Union européenne a régulièrement augmenté ces dernières années. A en croire les experts du Seco, l’ALCP aurait ainsi contribué à créer près d’un million d’emplois depuis 2002.

L’ALPC n’influence ni l’évolution ni la structure des salaires, ce qui peut s’expliquer par l’efficacité des mesures d’accompagnement en matière de lutte contre la sous-enchère salariale.

Force est de constater que les immigrants de l’Union européenne gagnent généralement un peu moins que les travailleurs autochtones lorsqu’ils commencent à travailler en Suisse. 

Cette différence peut s’expliquer par un niveau de formation plus faible, le manque de compétences linguistiques et culturelles. 

Mais au fil des ans, les travailleurs immigrés voient leurs salaires progresser davantage que ceux de la population autochtone.

La libre circulation des personnes profite également aux assurances sociales. Le montant des cotisations des ressortissants de l’Union européenne est nettement supérieur aux prestations dont ils bénéficient. 

Cet apport est précieux dans un contexte de vieillissement démographique. Les résultats du dernier rapport de l’Observatoire confirment une fois de plus les bienfaits de l’accord sur la libre circulation, en termes d’emplois et de croissance. 

Confrontées à un manque aigu de spécialistes, les entreprises tirent également leur épingle du jeu de l’ouverture du marché du travail et plaident résolument pour la poursuite de la libre circulation des personnes.

*Membre de la direction Union patronale suisse






 
 

AGEFI



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