Le tourisme a porté la croissance d’Aevis au premier trimestre

mardi, 12.05.2020

La hausse de 9,9% du chiffre d’affaires consolidé d’Aevis Victoria est essentiellement due à l’intégration d’acquisitions dans l’hôtellerie. La suite de l’année s’annonce beaucoup plus difficile dans le secteur.

CA avec AWP

Grâce aux arrivées des hôtels Mont Cervin Palace et Monte Rosa à Zermatt et de l’Hôtel Intercontinental à Davos, l’hôtellerie a porté la croissance d’Aevis Victoria entre janvier et mars.(Keystone)

L’année 2020 du groupe Aevis Victoria s’était présentée sous les meilleurs auspices avant la pandémie du Covid-19. La consolidation d’acquisitions dans le secteur hospitalier et surtout hôtelier a permis de réaliser un chiffre d’affaires au premier trimestre en hausse de 9,9% par rapport à la même période de 2019, à 194,8 millions de francs. 

«La fermeture anticipée des hôtels de montagne n’a affecté que légèrement l’excellente saison d’hiver 2019/20 que la Suisse a connu», souligne le communiqué. Grâce aux arrivées des hôtels Mont Cervin Palace et Monte Rosa à Zermatt et de l’Hôtel Intercontinental à Davos (ce dernier est consolidé lui aussi sur tout le premier trimestre), l’hôtellerie a porté la croissance d’Aevis Victoria entre janvier et mars. Les revenus de ce secteur se sont multipliés, passant de 12,5 millions de francs l’année dernière à 38,3 millions en 2020. 

Cela a ainsi plus que compensé la légère baisse de 5,7 millions du côté de Swiss Medical Network, dont le chiffre d’affaires a atteint 153,9 millions. Aevis Victoria souligne que l’interdiction des opérations non-urgentes décrétée par le Conseil fédéral le 20 mars 2020 s’est ainsi déjà faite ressentir. 

L’évolution pour la suite de l’année risque de ressembler à l’inverse du premier trimestre. Comme le souligne Aevis Victoria, les hôpitaux, avec la clinique Belair de Schaffhouse consolidée depuis le 1er octobre 2019, «ont tous repris leur activité normale le lundi 27 avril 2020 et ont déjà, pour la plupart, retrouvé leur vitesse de croisière». En ce qui concerne le manque à gagner pour les cliniques en raison des mesures fédérales, des discussions sur d’éventuelles compensations financières – les mesures spéciales ayant aussi engendré une hausse des coûts – sont en cours. «La question sera probablement réglée par les associations faîtières avec les autorités cantonales et la Confédération dans les mois à venir», selon le communiqué. Les opérations prévues devraient être en grande partie rattrapées au deuxième semestre. Il ne sera toutefois possible d’en tirer un bilan définitif que lorsque la situation se sera normalisée. 

Du côté de l’hôtellerie, en revanche, «l’impact de la pandémie continuera à se faire ressentir probablement plusieurs années pour la clientèle internationale», d’après le groupe. Les hôtels de ville (Berne, Zurich) n’ont rouvert leurs portes que lundi, le Grand Hotel Victoria-Jungfrau d’Interlaken suivant le 29 mai. Pour les destinations de montagne de Victoria-Jungfrau et Michel Reybier Hospitality, la décision sera prise en fonction de la visibilité sur les déplacements internationaux. L’administrateur délégué d’Aevis Victoria et propriétaire de l’Agefi Antoine Hubert a souligné vis-à-vis de l’agence AWP que «les prix payés par la clientèle suisse sont nettement inférieurs aux prix payés par la clientèle étrangère, surtout dans le segment cinq étoiles». Le potentiel de compensation par le tourisme domestique est donc limité, le reste de l’année s’annonçant ainsi très difficile. 

En revanche, cette situation délicate peut créer de nouvelles opportunités. Aevis Victoria souligne disposer des moyens nécessaires pour rembourser l’emprunt AEV18 (de 55 millions) qui arrivera à échéance en juin, par les liquidités et les lignes de crédit. Antoine Hubert a assuré que les flux de trésorerie opérationnels sont largement positifs.  

Un nouveau recours aux marchés financiers viserait ainsi les opportunités, surtout dans le domaine médical. «Nous conduisons des discussions régulières avec des cibles potentielles, pour des acquisitions qui se feront prioritairement dans le domaine de la santé, dont l’importance a été confirmée par cette crise», souligne Antoine Hubert. Il déplore un manque de visibilité dans l’hôtellerie, mais constate que plusieurs acteurs isolés ou fragiles devront s’adosser à un groupe plus solide. 

Aevis Victoria a pour administrateur délégué Antoine Hubert, propriétaire de l'Agefi.






 
 

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