La Banque centrale américaine inquiète par l'épidèmie du coronavirus

samedi, 08.02.2020

La FED s'inquiète de l'épidémie de coronavirus mas ne prévoit pas pour autant de récession dans un un horizon proche.

La Banque centrale américaine semble rassurée sur la situation économique des Etats-Unis. (Keystone)

La Banque centrale américaine s'est de nouveau inquiétée vendredi du potentiel effet de contagion à l'échelle mondiale de l'épidémie du nouveau coronavirus qui affecte l'économie chinoise, deuxième puissance économique du monde.

"L'émergence récente du coronavirus (...) pourra conduire à des ruptures (dans l'économie) en Chine qui vont se répercuter sur l'ensemble de l'économie mondiale", a mis en garde la Fed dans son rapport semi-annuel de politique monétaire publié vendredi.

Sans s'avancer sur ce que décideront les membres de son comité monétaire lors de leur prochaine réunion, la Fed a souligné que "dans un contexte d'activité économique faible et de pressions inflationnistes en sommeil, les Banques centrales étrangères adoptent généralement une politique plus accommodante". En d'autres termes, elles baissent leurs taux.

Le président américain Donald Trump critique régulièrement la Réserve fédérale, lui enjoignant d'abaisser sensiblement ses taux. Mais la Fed, faisant fi de ses critiques, les a laissés inchangés lors de sa dernière réunion monétaire, les 28 et 29 janvier.

Son président Jerome Powell s'était alors déjà inquiété des conséquences de cette épidémie sur l'économie, estimant toutefois qu'il était "encore trop tôt pour dire quels seraient les effets".

L'épidémie a contaminé plus de 31.000 personnes en Chine continentale, dont 717 sont mortes.

Pas de récession dans un horizon proche

La Banque centrale américaine semble rassurée sur la situation économique des Etats-Unis: "la probabilité d'une récession dans l'année à venir s'est considérablement réduite ces derniers mois".

En effet, "les risques pesant sur les perspectives économiques ont diminué fin 2019" avec une trêve dans la guerre commerciale avec la Chine et la signature d'un traité mi-janvier, observe-t-elle.

Et avant cela, le marché du travail et la croissance économique aux Etats-Unis avaient finalement fait preuve de résistance au coeur des frictions avec Pékin et d'autres partenaires comme l'Union européenne ou le Japon.

Par ailleurs, ajoute la Fed, "la croissance économique dans les autres pays montre également des signes de stabilisation, bien que l'émergence du coronavirus présente un risque à présent".

Même le recul de la production manufacturière américaine, de 1,3% en 2019, ne semble pas inquiéter l'institution monétaire.

Un tel recul n'est "en général (...) pas suffisamment important pour amorcer un ralentissement majeur de l'économie", estime la Fed, soulignant que "la plupart des périodes d'expansion économique comprennent des périodes de croissance modeste inférieures à la tendance" de fond.

En outre, le secteur manufacturier représente une petite part de l'économie américaine (moins de 10%), les services se taillant la part du lion.

Pour la Fed, cette contraction relève davantage du niveau bas d'un cycle économique classique que d'un signe avant-coureur de récession.

De plus, elle n'impute pas ce recul à la seule guerre commerciale mais invoque de "multiples facteurs, parmi lesquels les (conflits) commerciaux, la faible croissance mondiale, des investissements moins importants des entreprises, les prix du pétrole en baisse (...) et le ralentissement de la production de Boeing 737 Max", qui ne vole plus après deux accidents mortels.

"Il est important de souligner que cette faiblesse a eu des répercussions sur d'autres secteurs", relève toutefois la Fed, citant à titre d'exemple le secteur des transports puisque "les biens fabriqués ont besoin d'être transportés".

Ce rapport de politique monétaire est publié en accompagnement des auditions semi-annuelles du président de la Fed Jerome Powell qui auront lieu mardi et mercredi prochains devant des commissions du Sénat et de la Chambre des représentants. (awp)






 
 

AGEFI




...