Allocation d’actifs: l’investissement en actions reste incontournable

jeudi, 19.12.2019

La faible attractivité de l’obligataire laisse la part belle aux actions dans les portefeuilles diversifiés. A condition de ne pas céder à l’euphorie.

José Antonio Blanco*

José Antonio Blanco

Pas de récession attendue à l’échelle mondiale au cours des prochains mois. La faible attractivité des marchés obligataires compte tenu de taux d’intérêt bas, laisse la part belle aux marchés actions dans les portefeuilles diversifiés. A condition de ne pas céder à l’euphorie et de se protéger contre la hausse prévisible de la volatilité!

Dans un contexte marqué par la persistance de taux d’intérêt bas et la fin d’un long cycle de croissance, il faut plus que jamais mettre l’accent sur la diversification de son portefeuille. L’allocation doit dépendre bien sûr du profil de risque de chaque investisseur mais les actions restent cependant la classe d’actifs la plus attractive parmi celles offrant un niveau de liquidité satisfaisant. 

Certes, les perspectives de croissance de la zone euro restent modestes, mais le risque de subir une récession paraît relativement faible à court et moyen termes. Nous anticipons une croissance légèrement positive au cours des prochains mois. La faiblesse actuelle de la volatilité montre une faible anticipation des risques potentiels par le marché. Pour autant un retour de la volatilité dans les prochains mois n’est pas exclu et il est opportun de protéger son portefeuille contre un tel risque. En effet, les prix des instruments de couverture proposés sur le marché sont aujourd’hui particulièrement attractifs.

Sur les marchés obligataires, un investisseur positionné sur des titres bien notés risque de d’enregistrer des rendements proches de zéro, voire négatifs, dans une optique de moyen-long terme. Néanmoins, les obligations souveraines gardent un profil de risque plus intéressant que celui des obligations privées en cas de mauvaise nouvelle non anticipée. Dans un souci de diversification, l’investissement en obligations nous semble pertinent, à condition de jouer la carte de la sécurité plutôt que d’aller chercher un rendement hypothétique, sur des titres plus risqués.

Politiques budgétaires et classes moyennes

Les marchés actions demeurent incontournables au sein d’une stratégie diversifiée et ne présentent pas, actuellement, de valorisation excessive, à moins de considérer que l’économie mondiale va entrer en récession, ce qui n’est pas notre scénario central. La perspective d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine est actuellement un catalyseur puissant des cours boursiers. Pour autant, il ne faudrait pas céder à l’euphorie. Toute mauvaise nouvelle dans ces longues négociations pourrait entraîner une correction et une hausse préjudiciable de la volatilité contre laquelle les investisseurs doivent se protéger. Le contexte pourrait aussi donner lieu à de nouvelles hausses limitées de salaires dans un environnement toujours peu propice aux tensions inflationnistes, mais ces augmentations ne devraient pas suffire à entraîner une baisse des bénéfices futurs des entreprises.

La révolte des classes moyennes dans plusieurs pays appartenant à des zones économiques différentes est un phénomène à prendre en considération. Ces mouvements sociaux auront des conséquences politiques et économiques. Dans un premier temps, la réponse des gouvernements concernés devrait passer une hausse des dépenses publiques pour calmer la colère des manifestants et par conséquent entraîner une aggravation des déficits publics. Des initiatives qui pourraient perturber les marchés au cours des mois qui viennent. Nul doute que les banques centrales continueront de soutenir les marchés mais ce n’est pas du côté des politiques monétaires que se trouvent les outils susceptibles de redonner confiance aux ménages et aux entreprises!

* Head Investment Management, Swiss Life Asset Managers






 
 

AGEFI




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