Restrictions du replay: UPC évoque une catastrophe possible

lundi, 05.11.2018

La directrice d'UPC, Severina Pascu, estime que davantage de restrictions du visionnement TV en différé serait "catastrophique" pour leurs clients.

Pour la directrice d'UPC Severina Pascu, l'utilisation très forte du replay "ne diminue pas les recettes publicitaires des chaînes". (keystone)

Les velleités du Conseil national de réglementer davantage le visionnement en différé d'émissions ("replay") serait potentiellement "catastrophique" pour les clients des fournisseurs de contenus télévisés, estime la directrice d'UPC Severina Pascu. Dans une interview publiée lundi par Le Temps, elle estime que l'utilisation très forte du "replay" - qui permet de sauter les publicités - "ne diminue pas les recettes publicitaires des chaînes".

Dans le cadre des débats sur les droits d'auteur, la commission des affaires juridiques du Conseil national a proposé récemment de restreindre la télévision en différé (replay TV) en obligeant potentiellement les diffuseurs ou câblo-opérateurs (Swisscom, UPC, Salt, Sunrise) à négocier la fonctionnalité du replay avec chaque chaîne, qui fournit les émissions. Ce qui pourrait signifier le versement de nouvelles indemnités en faveur des chaînes. A défaut d'accord entre les deux parties, les câblo-opérateurs seraient contraints d'empêcher la possibilité de sauter la pub.

"Interdire ou restreindre le replay serait catastrophique pour nos clients: 70% d'entre eux utilisent cette fonction", tonne Mme Pascu, qui a succédé le 1er septembre à Eric Tveter à la tête d'UPC. "Tous les fournisseurs de télévision paient aux chaînes, au total, 35 millions de francs par an pour offrir le replay. Voulez-vous encourager le fait, en interdisant le replay, que les gens arrêtent de regarder la télévision et se tournent exclusivement vers Netflix?", interroge-t-elle. "Il y a un danger pour les téléspectateurs."

Swisscom, par la voix de son directeur général Urs Schaeppi, était également monté aux barricades jeudi face à ces possibles restrictions en invoquant les désavantages possibles pour les consommateurs.

Dans l'autre camp, la Communauté d'intérêts radio télévision (IRF) affûte aussi ses arguments. "La Suisse est le seul pays dans lequel les câblo-opérateurs proposent, sans le consentement des chaînes, des millions d'émissions de télévision avec la possibilité de sauter la publicité. Si le consommateur tient à la diversité des programmes, il faut trouver la manière et les moyens de financer ces derniers, soutient-elle. "Et la publicité est un moyen essentiel à ce financement."

IRF a estimé pour 2017 les pertes des chaînes induites par ce "zapping" de la publicité à 110 millions de francs. (awp)






 
 

AGEFI



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