Pourquoi la dette émergente continue de briller?

mercredi, 30.10.2019

La dette des pays émergents dévoile ses points forts en tant que classe d’actifs de croissance.

Ben Robins*

Ben Robins

L’histoire montre que la dette des marchés émergents peut non seulement être stable, mais qu’elle peut aussi produire des rendements absolus potentiellement plus élevés que sa contrepartie en actions. Cela pourrait être contraire à la pensée conventionnelle, qui considère généralement les placements obligataires comme plus sûrs et plus stables et les placements en actions comme sources de croissance plus élevées et avec un potentiel de rendement absolu. Toutefois, lorsqu’il s’agit des marchés émergents, nous sommes convaincus que les obligations et actions peuvent être considérés comme des instruments de croissance.

La meilleure compensation du risque

La stabilité relative de la dette issue des pays émergents, associée à des revenus élevés, l’a aidée à dégager des rendements cumulés sensiblement supérieurs à ceux des actions des pays émergents. Par conséquent, bien que les deux classes d’actifs offrent de nombreuses opportunités attrayantes pour les gestionnaires actifs, nous pensons que les investisseurs devraient considérer la dette émergente en devises fortes comme la meilleure compensation du risque sur les marchés émergents.

Les raisons de la surperformance historique de la dette issue des pays émergents sont notamment les suivantes:

l Les obligations en devises fortes sont moins exposées aux fluctuations des taux de change de la monnaie locale, qui ont été un facteur important de volatilité sur les marchés émergents et de pertes en capital. La hausse des taux d’inflation et la persistance de balances courantes négatives continuent de peser sur le marché des devises des pays émergents. Bien que de nombreux pays émergents aient fondamentalement amélioré leur situation économique ces dernières années, ce phénomène a conduit de nombreux pays à ouvrir leur économie et à permettre aux monnaies de fluctuer librement plutôt que de maintenir un contrôle des changes ou un ancrage des taux. Dans de nombreuses régions, cela s’est traduit par une dépréciation à plus long terme des devises locales, même si les pays ont mis en œuvre des réformes favorables. Dans l’ensemble, les monnaies des pays émergents se sont dépréciées d’environ 20 % par rapport au dollar américain depuis 2001.

De plus, au cours des sept dernières années, à la suite de la crise financière mondiale, le dollar américain s’est renforcé sur une longue période. La faiblesse relative et la volatilité accrue des devises émergentes ont érodé les rendements des marchés actions, tandis que les marchés obligataires en devises fortes n’ont pas été directement affectés.

l Les obligations émergentes sont également moins exposées aux fluctuations des entreprises que les actions émergentes sont entièrement investies dans des actifs de sociétés. Alors que de nombreuses sociétés émergentes ont affiché une forte croissance au cours des 10 dernières années, le secteur des entreprises reste plus risqué et présente une volatilité plus élevée que les obligations souveraines émergentes. Par nature, les actions émergentes ne contiennent pas d’exposition aux actifs souverains, de sorte que le secteur des entreprises a une plus grande influence sur leur performance.

l Les obligations émergentes ont généré une part importante de ses rendements à partir des paiements de coupons, qui représentent une part de rendements plus stable que celle du capital investi. Historiquement, le taux d’intérêt du coupon dans les marchés émergents s’est situé entre 5 % et 7 %. Les actions n’ont pas de source de rendement régulière comparable, les dividendes se situant à 2,9 %.

La principale leçon à tirer de cela est selon nous que les titres à revenu fixe devraient être considérés comme une source de rendement potentiel important à long terme. Cela ne veut pas dire que les investisseurs ne devraient pas investir dans des actions émergentes, qui offrent encore de nombreuses possibilités aux investisseurs de s’exposer à des raisons sociales individuelles.

A long terme, la dette offre de meilleurs rendements

Dans certains cas, les actions émergentes devraient surperformer les obligations émergentes et d’autres classes d’actifs. Toutefois, à long terme, nous pensons que la dette émergente devrait continuer à offrir de meilleurs rendements ajustés au risque. En dépit de véritables processus d’amélioration et de réforme, de nombreux pays restent encore en pleine phase de restructuration. Bien qu’il puisse y avoir des périodes où les monnaies locales surperforment sur une base qui leur est propre, la faiblesse et la volatilité globales du marché des devises locales se poursuivront probablement sur des périodes plus longues.

Enfin, les investisseurs qui recherchent les meilleurs rendements ajustés en fonction du risque devraient continuer d’examiner activement les actions et les obligations. Dans l’ensemble, les investisseurs doivent toutefois se rappeler que la dette émergente n’est pas seulement une option plus stable, mais aussi un moteur de croissance potentielle.

* Spécialiste portefeuilles, Emerging Bond Strategy, T. Rowe Price






 
 

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