La décision de la BoJ illustre les difficultés des banques centrales

mercredi, 21.09.2016

La décision de la Banque du Japon (BoJ) d'adopter un cadre plus flexible pour limiter les effets négatifs de sa politique ultra-accommodante, démontre "les difficultés" auxquelles fait face actuellement la politique monétaire, qui est "surchargée" dans le monde, selon la chef économiste de l'OCDE Catherine Mann.

La BoJ a annoncé mercredi une série d'ajustements destinés à apporter davantage de flexibilité à sa politique monétaire, qui n'est pas parvenue pour l'heure à faire atteindre à l'inflation la cible de 2% trois ans après le lancement d'une vaste offensive.

La décision de la Banque du Japon (BoJ) d'adopter un cadre plus flexible pour limiter les effets négatifs de sa politique ultra-accommodante, démontre "les difficultés" auxquelles fait face actuellement la politique monétaire, qui est "surchargée" dans le monde, selon la chef économiste de l'OCDE Catherine Mann.

"La Banque du Japon est à la recherche de nouvelles approches pour atteindre son objectif de 2%" d'inflation, a expliqué à l'AFP Mme Mann lors d'un entretien à l'occasion de l'actualisation des perspectives économiques de l'OCDE qui confirment une croissance "molle" pour l'économie mondiale.

"Je pense qu'il s'agit d'un parfait exemple des difficultés des politiques monétaires mises en place depuis des années pour tenter d'atteindre leurs objectifs", a souligné la cheffe économiste de l'OCDE, rappelant que la banque centrale japonaise applique déjà des intérêts négatifs et qu'elle est active dans le rachat d'actifs.

Selon elle, la politique monétaire est aujourd'hui "surchargée" à l'échelon mondial. "Nous observons une déconnexion entre ce qui se passe sur les marchés financiers et dans la vraie économie", a-t-elle expliqué, n'hésitant pas à se déclarer "préoccupée" par ce qu'elle présente comme des "distorsions".

La BoJ, la BCE européenne et avant elles la Fed américaine, les trois principales banques centrales du monde, se sont lancées dans des innovations pour tenter de soutenir l'économie de leurs pays, relancer notamment la croissance et l'inflation. Si la Fed a entamé un virage pour sortir de ces politiques non conventionnelles, la BCE et la BOJ continuent de les appliquer.

Mais plusieurs observateurs, dont l'OCDE, pointent les limites de ces actions si elles ne sont pas accompagnées de réformes politiques structurelles.

La BoJ a annoncé mercredi une série d'ajustements destinés à apporter davantage de flexibilité à sa politique monétaire, qui n'est pas parvenue pour l'heure à faire atteindre à l'inflation la cible de 2% trois ans après le lancement d'une vaste offensive.

La banque a pris acte des effets secondaires de son action qui a tiré vers le bas les rendements des titres financiers à long terme.

Le programme de rachats d'actifs, auparavant fixé à 80.000 milliards de yens (690 milliards d'euros) par an, pourra désormais fluctuer autour de ce montant.

La Banque du Japon s'engage d'ailleurs à poursuivre ces actions "aussi longtemps que nécessaire" pour parvenir à une inflation de 2%. Initialement censé être atteint en 2015, cet objectif semble aujourd'hui hors de portée alors que les prix à la consommation ont reculé ces derniers mois. - (awp)


 

 
 



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