Les Alémaniques créent plus d'entreprises que les Romands

mardi, 05.02.2019

La culture entrepreneuriale est plus forte côté alémanique. Les Romands sont également plus longtemps au chômage, selon le journal dominical NZZ am Sonntag. Une conclusion qui renforce le cliché du fameux Röstigraben.

MH

Les Suisses alémaniques trouvent un nouvel emploi après 28 semaines de recherche, alors que les Romands ont besoin de 35 semaines pour le faire.(Keystone)

Les Romands créent moins d'entreprises et sont au chômage plus longtemps que les Suisses alémaniques, titre le journal dominical NZZ am Sonntag. Une conclusion qui renforce un peu plus les clichés d'une mentalité inégale des deux côtés du Röstigraben.

Le journaliste du journal suisse allemand se base sur une étude de Beatrix Eugster, professeure à Saint-Gall, et Rafal Lalive de l'Université de Lausanne, qui ont enquêté sur plus de 60'000 cas de chômage le long du Röstigraben. Résultat: en général, les Suisses alémaniques trouvent un nouvel emploi après 28 semaines de recherche, alors que les Romands ont besoin de 35 semaines pour le faire. Une approche étatique différente serait à l'origine de ces résultats.

Un atout alémanique même en déménageant 

"Les Suisses allemands trouvent plus souvent un emploi de leur propre initiative. En revanche, côté romand, une plus grande proportion est assurée par l'intermédiaire d'une agence pour l'emploi", souligne Beatrix Eugster. En parcourant l'article de la NZZ, on apprend également qu'il vaut mieux parler allemand pour retrouver rapidement du travail en Suisse. Surtout dans les cantons bilingues, comme Berne ou Fribourg. 

Deuxième conclusion qui ravive les rivalités autour du fameux Röstigraben: les Suisses alémaniques ont une culture entrepreneuriale plus forte que les Romands. Cette différence de culture se serait transmise au fil des générations, explique le journaliste, qui se base sur une étude réalisée entre l'EPFZ et l'Université de Zurich, par Katharina Erhardt et Simon Hänni.

Les Romands moins audacieux

L'étude montre que les personnes d'origine Suisse allemande ont 20% de chance de plus de créer une entreprise. Cette chance subsiste même si un germanophone passe la frontière linguistique. Les Suisses de langue allemande qui s'installent dans la partie francophone deviennent plus souvent des entrepreneurs en comparaison aux locaux.

"Les Suisses allemands sont plus audacieux et ont une préférence plus forte pour l'initiative dans leur métier". La culture d'entreprise plus marquée en Suisse alémanique aurait ainsi entraîné la création de 120'000 emplois supplémentaires.

Passé la barrière des Rösti, ces études remettent le fédéralisme de la Suisse sur le devant de la scène. "Nos résultats montrent avant tout à quel point le fédéralisme est important pour la Suisse. Précisément à cause des différences culturelles, les régions du pays ont besoin de suffisamment d’indépendance pour se développer avec succès."






 
 

AGEFI



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