Pétrole: les prix n'ont pas freiné les économies d'énergie

lundi, 10.10.2016

La croissance économique mondiale a continué d'être moins vorace en énergie l'an dernier, et cela malgré les prix bas du pétrole qui auraient pu freiner les économies d'énergie, mais les pays doivent encore intensifier leurs efforts

Les gains d'efficacité énergétique réalisés dans les 29 pays membres de l'AIE ont représenté l'équivalent de la consommation d'énergie du Japon.(Reuters)

Signe des progrès réalisés, l'intensité énergétique, qui mesure la quantité d'énergie utilisée pour chaque unité de PIB, a baissé de 1,8%, contre une diminution de 0,6% par an durant la décennie écoulée, détaille un rapport de l'Agence internationale de l'énergie publié au premier jour du Congrès mondial de l'énergie à Istanbul.

Un total de 221 milliards d'euros ont été investis dans l'efficacité énergétique, soit une hausse de 6% par rapport à 2014.

"Il n'y a pas de politique de changement climatique et énergétique réaliste et financièrement accessible sans une composante vigoureuse et importante d'efficacité énergétique", insiste l'Agence.

Les gains d'efficacité énergétique réalisés l'an dernier dans les 29 pays membres de l'AIE, bras énergétique de l'OCDE, ont par exemple représenté l'équivalent de la consommation d'énergie du Japon.

Encore plus significatif, selon l'Agence, cette performance "a été atteinte malgré les prix bas du pétrole, qui traditionnellement ralentissent l'enthousiasme pour les économies d'énergie".

La Chine s'est particulièrement illustrée, avec une intensité énergétique de -5,6%, contre une moyenne de -3,1% dans la décennie écoulée. La consommation d'énergie y a progressé de 0,9% pour une croissance économique de 6,9%.

Toutefois, au niveau mondial cette progression "reste trop lente", juge l'Agence, et les politiques nationales doivent être renforcées pour mettre en oeuvre les gains potentiels d'économies d'énergie.

"70% de la consommation énergétique mondiale ne fait l'objet d'aucune exigence de performance d'efficacité", insiste Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE en introduction du rapport.

Selon les calculs de l'Agence, il faudrait que les gains d'intensité énergétique atteignent 2,6% par an pour mettre le monde sur les rails d'un système énergétique décarboné.
"L'efficacité énergétique est la ressource que tous les pays possèdent en abondance", rappelle Fatih Birol.

Et les avantages vont au delà du sort de la planète. Les normes d'efficacité énergétique des carburants ont permis l'an dernier d'économiser 2,3 millions de barils par jour de pétrole, soit 2,5% de la production mondiale d'or noir.

Les pays membres de l'AIE (29 pays également membres de l'OCDE et importateurs d'énergie) ont aussi économisé 540 milliards de dollars sur leur facture énergétique l'an dernier grâce aux efforts réalisés depuis 2000, surtout dans les bâtiments et l'industrie, a calculé l'agence.

Elle plaide donc pour un renforcement des politiques publiques (normes, objectifs, etc.) pour accélérer ces efforts, par exemple sur les équipements électriques ou les transports. (awp)


 

 
 

 
 

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