Japon: consommation des ménages en baisse et taux de chômage stable

mardi, 29.11.2016

La consommation des ménages japonais a encore reflué en octobre au Japon, mais dans des proportions cette fois nettement inférieures à celles des mois précédents (-0,4% sur un an), tandis que le taux de chômage s'est maintenu à un même niveau bas.

Les foyers japonais restent très précautionneux par peur de l'avenir, une anxiété qui, conjuguée à la prudence des entrepreneurs, fait que la troisième économie mondiale est à la peine.

La consommation des ménages japonais a encore reflué en octobre au Japon, mais dans des proportions cette fois nettement inférieures à celles des mois précédents (-0,4% sur un an), tandis que le taux de chômage s'est maintenu à un même niveau bas.

Les foyers japonais restent très précautionneux par peur de l'avenir, une anxiété qui, conjuguée à la prudence des entrepreneurs, fait que la troisième économie mondiale est à la peine.

Cela fait huit mois d'affilée que la consommation des ménages est inférieure à celle mesurée mensuellement une année auparavant: en août, elle avait carrément chuté de 4,6% sur un an puis de 2,1% en septembre.

La réticence persistante des consommateurs crée un écart important entre l'offre abondante et la demande modérée, ce qui entraîne une tendance au recul des prix que peinent à combattre la banque centrale et le gouvernement, en dépit d'une batterie de mesures visant à pousser les particuliers à davantage desserrer les cordons de la bourse.

Les prix à la consommation ont ainsi reculé en octobre au Japon pour le 8e mois de suite, signant leur plus longue série négative depuis 2011, selon les statistiques dévoilées à la fin de la semaine passée.

La Banque du Japon (BoJ), dont le gouverneur, Haruhiko Kuroda, imaginait régler le problème en deux ans par une réforme drastique de la politique monétaire à son arrivée en 2013, a signé nolens volens un aveu d'échec au début du mois en repoussant une énième fois l'échéance à laquelle pourrait être atteint l'objectif d'inflation de 2% correspondant à la définition d'une stabilité des prix.

Des voix s'élèvent pour dire que l'ambition est trop élevée et, partant, irréaliste, mais le chef de l'institut d'émission tend pour sa part à penser que le problème vient de la conjoncture extérieure (chute des prix de l'énergie notamment) ainsi que d'un manque de mise en oeuvre de réformes structurelles au Japon, malgré les promesses en ce sens formulées depuis quatre ans par le chef du gouvernement.

S'il y a un point dont le Premier ministre Shinzo Abe peut s'enorgueillir, ce qu'il fait d'ailleurs régulièrement, c'est le front de l'emploi, avec un taux de chômage au plus bas depuis plus de 20 ans, à 3,0% de la population active en octobre, le même niveau qu'un mois plus tôt.

Toutefois, il s'agit du taux de chômage dit intégral, qui ne prend en compte que les personnes sans aucune activité rétribuée dans le mois donné et exclut toutes celles qui ont travaillé ne serait-ce que quelques heures.

Le mois dernier, le taux de chômage masculin a reculé de 0,1 point à 3,2%, tandis que celui des femmes a au contraire progressé d'autant, à 2,7%.

Les conditions d'emploi, du moins sur le papier, se sont encore améliorées avec 140 offres pour 100 demandes (contre 138 en septembre), du jamais vu en un quart de siècle, a précisé dans un document séparé le ministère du Travail.

Ces chiffres cachent une réalité très disparate, avec des secteurs en cruel manque de main-d'oeuvre (restauration, BTP, soins aux personnes âgées, monitrices de crèches) et d'autres où les demandeurs affluent pour un nombre plus limité de postes. - (awp)


 

 
 



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