America is great, again & again

mardi, 28.08.2018

La conjoncture actuelle semble démontrer que le «bull market» américain se poursuit.

Daniel Varela*

Le symposium annuel de Jackson Hole a réuni les grandes banques centrales mondiales ce weekend. Il s’est déroulé dans une sérénité très éloignée du sentiment d’urgence qui avait marqué la réunion il y a dix ans en pleine crise des subprimes. Pas de grande annonce cette année, pas de surprise au niveau des politiques monétaires, mais une confirmation des messages récents. En effet, la Fed souhaite poursuivre ses hausses de taux graduelles, tandis que les autres banques centrales s’apprêtent à débuter la normalisation de leurs politiques. 

En ce qui concerne la Banque du Japon et la BCE, il s’agit tout d’abord d’arrêter la planche à billets. On sent par ailleurs une certaine satisfaction quant à la vigueur actuelle de l’économie mondiale, mais également quelques inquiétudes qui tournent avant tout autour du risque d’une guerre commerciale totale lancée par les Etats-Unis. Par ailleurs, les grands argentiers du monde ont certainement saisi cette occasion pour partager le souci de voir leur indépendance remise en question. Dernièrement, celle-ci est surtout attaquée par Trump en Amérique.

Ces craintes ne semblent pour l’instant pas affecter Wall Street qui en a profité pour inscrire de nouveaux records historiques sur certains indices-phare comme le S&P 500 et le Nasdaq. La bourse américaine retrouve ainsi ses niveaux de janvier après plusieurs mois marqués par une volatilité accrue et des rotations sectorielles importantes. Ces nouveaux points hauts semblent confirmer que le «bull market» américain se poursuit. Il est porté par une économie en pleine forme, des résultats d’entreprises florissants, une inflation en hausse mais maîtrisée et des taux d’intérêt toujours modérés en comparaison historique. 

Ce qui frappe en revanche, c’est l’accroissement de la divergence entre le marché américain et les autres bourses mondiales qui sont très loin de leurs plus hauts niveaux. Un certain rattrapage du reste du monde peut être envisagé en cas de poursuite de la hausse à Wall Street, surtout si la dynamique du marché s’élargit et s’affranchit de la bonne tenue des valeurs technologiques. Un apaisement des tensions commerciales participerait aussi à ce retour d’intérêt pour les pays les plus attaqués par l’administration américaine et qui affichent le plus de retard. Cette pression politique américaine pourrait retomber une fois passées les élections parlementaires de mi-mandat du mois de novembre.

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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