Changements climatiques, la COP24 s'ouvre à Katowice

dimanche, 02.12.2018

La conférence de la COP24 s'ouvre à Katowice en Pologne doit permettre de définir des règles précises d'application de l'Accord de Paris de 2015 sur le climat.

La 24e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques s'ouvre ce dimanche à Katowice en Pologne. (Keystone)

Concentrations records de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, records de températures, multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes. Les conséquences des changements climatiques se font déjà ressentir à travers le monde, rappelant l'urgence climatique.

La 24e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques s'ouvre dimanche à Katowice en Pologne. Elle doit permettre de définir des règles précises d'application de l'Accord de Paris de 2015 sur le climat dont les Etats-Unis de Donald Trump se sont retirés.

Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la concentration dans l'atmosphère de CO2, méthane et protoxyde d'azote, trois gaz à effet de serre, ont encore progressé en 2017, pour atteindre "de nouveaux records" à l'échelle du globe. La concentration de CO2 a ainsi atteint 405,5 parties par million (ppm) en 2017, soit 2,2 ppm de plus qu'en 2016.

Or, pour pouvoir contenir à 2°C maximum la hausse de la température mondiale, la concentration moyenne de gaz à effet de serre devra rester inférieure à 450 ppm CO2 équivalent.

Au 28 mai dernier, la concentration de CO2 dans l'atmosphère atteignait même 411,98 ppm, selon Jean-Pascal van Ypersele. "Il faut remonter au moins deux à trois millions d'années en arrière pour retrouver une valeur de ce type et la température était 2 à 3°C plus élevée", souligne le climatologue et professeur à l'UCL.

"Mauvaise habitude"

Toujours selon l'OMM, l'année 2018 devrait figurer au quatrième rang des plus chaudes jamais enregistrées. Ces records sont devenus une mauvaise habitude: les 22 dernières années comptent les 20 années les plus chaudes jamais enregistrées et, pire, les quatre dernières caracolent en tête de liste.

On estime que la température moyenne à la surface de la terre est d'ores et déjà supérieure d'1°C par rapport à son niveau lors de l'époque pré-industrielle. Et au rythme actuel, la barre de 1,5°C serait atteinte entre 2030 et 2050, prédit le dernier rapport du Giec.

Multiplication des phénomènes

Ce réchauffement s'accompagne, comme l'avaient averti les scientifiques, par la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes. L'année 2018 a notamment été marquée par le passage du typhon Mangkhut aux Philippines, dont les vents ont culminé à 285 km/h, et par les ouragans Michael, avec des vents jusqu'à 250 km/h, et Florence (jusqu'à 220 km/h) aux Etats-Unis.

La saison cyclonique a été particulièrement active dans le Pacifique Nord-Est, où l'énergie cyclonique cumulée a été la plus importante qui ait été enregistrée depuis le début des observations par satellite. En Australie, le mois de septembre a connu un record de sécheresse alors que des feux de forêts sans précédent ont dévasté la Californie ces dernières semaines.

L'Europe n'a pas été épargnée avec une sécheresse inhabituelle au printemps dans plusieurs pays, dont la Belgique, et des records de températures.

Au pôle nord, l'étendue de la calotte glaciaire était en septembre dernier 26,5% inférieure à son niveau moyen sur la période 1981-2010. Et en Antarctique, la banquise était en septembre 3,3% inférieure à son niveau moyen sur la période 1981-2010.

Coûts non assurables

Avec leur multiplication, ces phénomènes météo extrêmes risquent de ne plus devenir assurables. A eux seuls, les dommages liés aux récents feux de forêt en Californie devraient coûter plus de 10 milliards de dollars aux assureurs, selon le réassureur (assureur d'assureur) allemand Munich Re.

D'après son concurrent Swiss Re, les coûts des catastrophes naturelles ont atteint des sommets en 2017. L'an passé, les pertes économiques engendrées par les catastrophes naturelles et les désastres causés par l'homme (tels que les incendies ou les accidents industriels) se sont montées à 337 milliards de dollars (334 milliards de francs), selon les calculs du groupe suisse. (ats)






 
 

AGEFI



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