Brexit: des nouvelles règles qui pourraient pénaliser fortement la City

mardi, 13.06.2017

La Commission européenne s'apprête mardi à proposer de nouvelles règles qui pourraient obliger une grande partie des activités financières londoniennes à déménager dans l'UE après le Brexit, au grand dam de la City.

La Commission européenne s'apprête mardi à proposer de nouvelles règles qui pourraient obliger une grande partie des activités financières londoniennes à déménager dans l'UE après le Brexit, au grand dam de la City.

La question est particulièrement sensible alors que le Royaume-Uni et l'UE doivent entamer prochainement des négociations sur le Brexit, quelques jours après les législatives britanniques où les conservateurs de la Première ministre Theresa May ont perdu leur majorité absolue au Parlement.

Ces nouvelles règles, présentées mardi à 17H00 (15H00 GMT) par le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, devront ensuite être entérinées après d'éventuels amendements des Etats membres de l'Union et du Parlement européen.
Au coeur de ces propositions, les chambres de compensation, rouages incontournables de la finance dont l'activité est réputée lucrative.

Ces sociétés s'intercalent entre un vendeur et un acheteur pour sécuriser une transaction et se rémunèrent pour ce service. Elles participent ainsi à la stabilité du système financier et à la réduction du risque systémique. Or, la très grande majorité des produits dérivés libellés en euros sont actuellement compensés à Londres.

Début mai, M. Dombrovskis avait évoqué deux options possibles avant la présentation de son projet: soit améliorer les pouvoirs de supervision des autorités de l'UE concernant les entités d'un pays tiers (donc celles de la Grande-Bretagne, une fois celle-ci sortie de l'Union), soit relocaliser dans l'UE des chambres de compensation dont l'importance systémique est majeure pour l'Union.

L'exécutif européen avait ensuite engagé des négociations avec toutes les parties concernées, qui n'ont visiblement pas du tout convaincu le groupe boursier britannique London Stock Exchange (LSE), propriétaire de LCH, la plus grande chambre de compensation au Royaume-Uni.

Dans un entretien paru ce week-end au journal britannique Sunday Telegraph, son directeur général, le Français Xavier Rolet, tempêtait: "Cela va être le chaos complet. On n'a pas réfléchi à toutes les conséquences", estimant que les consultations avec les autorités européennes auraient dû durer plus d'un mois.

L'ISDA, l'association internationale représentant les acteurs du secteur des produits financiers dérivés, a de son côté écrit une lettre à M. Dombrovskis, mettant en garde contre une augmentation des coûts pour le secteur tout entier en cas d'obligation de déménager ces activités vers l'Union à 27.

Une relocalisation pourrait "accroître les problèmes de stabilité financière", ajoute le puissant lobby, mettant en avant les difficultés que pourraient rencontrer courtiers et banquiers pour trouver un nouveau site pour leurs opérations.

Il y a un mois, Miles Celic, chef exécutif de la City, avait déjà laissé éclater sa rage: "une relocalisation forcée des activités de compensation d'instruments libellés en euros conduirait à perturber, fragmenter et rendre le marché plus incertain".

"Ce serait dommageable aussi bien pour les gens et les affaires en Grande-Bretagne et en Europe. Ce n'est dans l'intérêt de personne et cela peut être évité", avait-il dit.

En 2015, la City avait déjà sauvé une première fois ses chambres de compensation, lorsque la Cour européenne de justice avait éconduit la Banque centrale européenne (BCE) qui prônait la relocalisation en zone euro des plus grosses compensations de transactions réalisées dans cette devise.(awp)



 

 
 



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