Fabriquer de l’or avec des idées pourries

vendredi, 06.09.2019

La cloche résonne. La cloche raisonne. Un même son, un même bruit, et pourtant tout est différent.

Pécub

Une cloche douée du talent de raisonner, de capter des informations, de les analyser et d’en travailler les arborescences, c’est loin de toute évidence. Et pourtant, avant le raisonnement, dans une tête standard les idées tracent leurs chemins, et au passage dérangent le conditionnement régulé. Cela fout le boxon, surtout si l’idée n’est pas du genre classique ou convenu. Les idées crasse, les idées stupides, les idées pourries. Les idées déchets sont-elles dégradables dans la biosphère cérébrale ?

Une idée c’est un agrégat de petites mécaniques mentales, sensorielles ou intellectuelles, que l’on fait tenir ensemble avec un ciment spirituel communément appelé imagination. L’imagination peut faire circuler chacune de ces petites mécaniques et les amener n’importe où, ou alors à un endroit choisi. L’agrégat-idée qui se décompose disperse ses particules aux quatre vents, rien n’est perdu, chaque petit composant va se recoller ailleurs, au hasard, ou avec intuition. Dans la tête de Léonard de Vinci, aucune idée ne reste orpheline, tout est consommé, récupéré, recyclé, zéro déchet.

L’imaginaire fonctionne en économie circulaire chez les esprits laminaires, en développement spirale sans fin chez les esprits complexes. Chaque petit bout d’idée voyage sans pause jusqu’à ce qu’il trouve la plage où s’échouer. Les fameuses plages mentales des génies universels. Léonard ne nous l’enseigne pas, cependant il s’offre en exemple. Un cadeau incroyable aux potentiels à saisir. Il faut juste travailler un peu, et là, il s’agit de s’engager volontaire. L’invariable faire ou ne pas faire de Shakespeare, d’Epicure ou de Sénèque. Recherche et développement en motivation.

La séance hebdomadaire aux idées pourries. Bien les cerner, bien les formuler, bien les communiquer. Chaque participant autour de la table doit en présenter au minimum trois, on partage les sujets à moquerie restreinte, on décide du recyclage. On repère après analyse les points communs, le génie caché, l’astuce de survie de l’idée pourrie. La bactérie attaquée mute et gagne la partie. Elle partage ses découvertes avec toute sa grande famille. Aucun réflexe de possession.

C’est la chance à saisir avec les idées pourries, par vanité personne n’en veut, c’est dégueu. Alors c’est comme l’histoire du vieux papier. Moi je veux bien organiser la tournée pour le récupérer. Cela va vous débarrasser, et moi je vais réfléchir à le transformer. L’idée a fait un carton.

Moi je sais comment aller me poser sur le soleil dit l’enfant. Ecoutez attentivement le petit Léonard de Vinci avant de lui répondre que son idée est stupide. Le raisonnement de l’enfant n’est peut-être pas totalement pourri, et s’il se trouve, la cloche c’est vous.






 
 

AGEFI




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