La chevauchée fantastique des actions techno n’est pas terminée

vendredi, 31.07.2020

Cédric Spahr*

Cédric Spahr

Le redémarrage de l’activité économique crée un contexte favorable pour les marchés actions. Les principaux pays est-asiatiques comme la Chine et la Corée du Sud ont bien géré l’épisode du coronavirus, ce qui donne de l’élan à leurs économies et leurs marchés ­actions. 

Les doutes des investisseurs sur la solidité de la reprise anticipée et la liquidité abondante injectée par les banques centrales continueront à doper les actions du secteur des technologies de l’information ces prochains mois. Malgré une valorisation élevée des valeurs technologiques par rapport au reste du marché, nous con­seillons de continuer à surpondérer ce segment de marché. 

La réaccélération de l’activité économique continue de dominer les marchés actions. Les indices de directeurs d’achats autant pour le secteur manufacturier que des services poursuivent leur remontée à un rythme rapide. Malgré cette euphorie apparente, les marchés financiers oscillent entre con­fiance dans l’avenir et scepticisme sur la solidité de la reprise. 

Les taux obligataires à 10 ans font plutôt mine de retomber légèrement, soulignant que les investisseurs ne croient guère à un retour de l’inflation, malgré les programmes de relance par la dépense publique pharaoniques de la Chine, des USA et, après d’âpres négociations, de l’UE. Du côté des marchés actions, les signaux sont plus clairs. Les pays d’Asie de l’Est ont rapidement endigué la diffusion du coronavirus, bénéficiant de l’expérience accumulée pour venir à bout d’autres vagues épidémiques en 2002-03 (SARS) et en 2012 (MERS). Nous recommandons de mettre l’accent sur les actions chinoises ainsi que sur des pays comme la Corée du Sud et Taiwan.

La performance spectaculaire du secteur des valeurs des technologies de l’information démontre que les investisseurs interprètent les signaux conjoncturels actuels avec un certain scepticisme. Ceux-ci préfèrent les actions de sociétés fortement capitalisées avec un profil de croissance solide aux valeurs de substance, en général nettement plus cycliques. Les injections de liquidités des principales banques centrales combinées avec les flots considérables d’investissements indiciels passifs jouent sans doute un rôle important dans ce contexte. 

Les valorisations du secteur des technologies de l’information relativement aux marchés actions se rapprochent désormais des niveaux atteints vers fin 1998. L’industrie des logiciels apparaît comme la plus chère, ce qui reflète à la fois un rendement du capital plus élevé et une forte demande pour des sociétés offrant des marges élevées et un profil de croissance attractif. Les valorisations des fabricants de semi-conducteurs et de matériel informatique nous semblent par contre plus raisonnables. 

Nous observons avec intérêt que le ratio entre les indices Nasdaq 100 et S&P 500 a dépassé le niveau record atteint en mars 2000. La surperformance du Nasdaq 100 s’est nettement accélérée depuis janvier 2020 et donne aux investisseurs qui ont connu la période 1999-2000 une certaine impression de «déjà vu». L’épisode du Covid a accentué le trend vers une digitalisation de l’activité économique et le secteur technologique en profite pleinement. Nous conseillons de surpondérer ce secteur économique, tout en con­servant un œil sur certains sig­nes d’exubérance potentielle.

* Stratège actions, J. Safra Sarasin






 
 

AGEFI



...