BNS: les taux négatifs restent un élément central de la politique monétaire

jeudi, 24.11.2016

La BNS est intéressée par une normalisation de la politique monétaire au niveau mondial, a souligné Thomas Jordan.

Le patron de la banque centrale helvétique a martelé que "l'objectif de la BNS est clairement de réduire la pression sur le franc, raison pour laquelle nous avons un taux négatif de 0,75% et sommes prêts à intervenir au besoin sur le marché des devises".

Les taux d'intérêt négatifs restent un "élément central" de la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS), dont l'objectif principal est d'empêcher une appréciation trop importante du franc, a indiqué le président de l'institut d'émission Thomas Jordan dans un entretien à la presse paru jeudi.

La BNS est "intéressée par une normalisation de la politique monétaire au niveau mondial", a souligné Thomas Jordan dans une interview aux quotidiens "Tages-Anzeiger", "der Bund" et "Basler Zeitung".

Mais le patron de la banque centrale helvétique a martelé que "l'objectif de la BNS est clairement de réduire la pression sur le franc, raison pour laquelle nous avons un taux négatif de 0,75% et sommes prêts à intervenir au besoin sur le marché des devises".

Il a également insisté que "le taux négatif reste pour l'heure un élément central de notre politique monétaire". Le président de la BNS a rappelé que l'inflation était toujours légèrement négative en Suisse, les capacités de production toujours pas utilisées à leur pleine capacité et le franc nettement surévalué. "Notre politique monétaire expansive est adaptée dans ce contexte", a estimé M. Jordan.

Concernant la hausse des taux à long terme observée sur les marchés, M. Jordan a souligné qu'"il est encore trop tôt pour parler d'un changement de tendance". "Les taux augmenteront de manière durable seulement lorsque ces problèmes (de croissance) seront surmontés avec des réformes et produiront de la croissance additionnelle. Mais nous n'en sommes pas encore là", a-t-il ajouté.

Rôle limité des banques centrales

Revenant sur l'élection présidentielle aux Etats-Unis, Thomas Jordan a dit que "l'incertitude a augmenté (car) on ne sait pas quelle politique économique les Etats-Unis vont mener. Pour nous, il sera important d'évaluer la future politique commerciale et fiscale et s'il y aura des changements dans la politique monétaire des Etats-Unis".

Depuis l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, le franc s'est nettement apprécié face à l'euro. "Le marché des devises est devenu plus volatil après les élections", a constaté M. Jordan pour lequel "le franc reste surévalué, principalement face à l'euro".

La BNS tient le 15 décembre sa réunion de politique monétaire, un jour après celle de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les économistes s'attendent à ce que cette dernière relève ses taux de 0,25%. Du côté suisse, certains observateurs craignent que la BNS abaisse encore davantage ses taux négatifs.

M. Jordan a également insisté sur le rôle limité des banques centrales. "Nous n'avons pas chuté dans une deuxième grande dépression en 2008 et 2009 grâce à la politique monétaire. Mais la croissance mondiale reste plutôt molle", a-t-il dit.

Selon le patron de la BNS, "il faut plus qu'une politique monétaire expansive" pour obtenir une amélioration de la croissance, notamment avec un soutien politique pour des réformes structurelles. - (awp)


 

 
 



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